Chers amis,
« Je pense que ce n'est
pas un mince profit en philosophie quand un de ceux qui discutent méprise la
victoire en comparaison de la découverte du bien et du vrai ». (Saint Augustin - Contre
les Académiciens, Livre 1er, III, 8)
Notre forum veut réactualiser à l’ère électronique
la grande tradition de la «Question Disputée» médiévale. L’esprit et le cœur de
cet exercice de style est d’être ouvert à tout sujet, sans aucune sélection a
priori. Saint Thomas a lui-même accepté de répondre à un brave frère de
Besançon qui lui demandait si l’étoile des mages avait la forme d’une croix ou
d’une figure humaine. Sa longanimité doit nous servir d’exemple (il lui a tout
de même précisé qu’il fallait éviter autant que possible de perdre du temps
avec des vétilles).
Périodiquement, nos débats sont agités de
soubresauts. Les nombreux arrivants qui ont insufflé un sang neuf, la
croissance de la présence féminine qui nous oblige à considérer des aspects
qu’un monde purement masculin ignorerait facilement, la division du forum en
deux, tous ces événements ont heureusement bousculé les routines. Cependant
plusieurs regrettent une réelle détérioration de la qualité des débats, et il
est devenu nécessaire de nous donner quelques règles simples de convivialité.
Chacun s’est exprimé en public et en privé, il
m’incombe donc de conclure. Notre débat est un débat d’idées. Toutes (y compris
tous les intégrismes) ont droit de cité. Seuls les propos interdits par la loi
ne sont pas acceptés (révisionnisme, racisme, homophobie, appel au crime,
etc.). C’est pour renforcer ce caractère d’ouverture que j’ai divisé le forum
en deux, un «général» et un «thomiste», afin que chacun se sente libre sur le
premier et que ceux qui désirent un accent spécifiquement thomiste trouvent
satisfaction sur le second, sans que les uns et les autres se gênent
mutuellement. Je m’efforce d’être vigilant sur le respect de ce partage.
Il est maintenant clair que les débats dérapent
lorsque l’on passe insensiblement ou manifestement de la confrontation des
idées aux conflits de personnes ou de communautés. C’est ce qu’il nous faut
éradiquer.
1. Les vulgarités et propos grossiers seront vus
d’un mauvais œil. En ce domaine, il ne faut pas être trop bégueule, mais
l’exagération vient vite. Il ne peut y avoir de règle simple et c’est affaire
d’appréciation. Comme je suis le modérateur, ce sera à moi d’apprécier.
2. Toute insulte, toute marque de mépris, toute
adresse désobligeante sera systématiquement supprimée. Soit seulement le texte
incriminé, soit tout le message, selon la circonstance.
3. Ceci demeure vrai même si l’attaque se drape
d’une apparence d’humour. L’ironie est une tentation spécifique de
l’intelligence puissante. Il est donc prévisible de la voir pratiquer entre
nous. Mais l’ironie peut tuer l’innocence et la faiblesse. Elle sera donc
pourchassée selon les mêmes critères que la vulgarité.
4. Une forme particulière de blessure à la personne
réside aussi dans les «conseils de progrès personnels» et les «bonnes paroles
et encouragements» qui n’auraient pas été sollicités. Nous ne sommes pas les
conseillers spirituels de nos interlocuteurs (sauf évidemment demande
personnelle), et le paternalisme non désiré est aussi insupportable que
l’injure.
5. Dans le même état d’esprit, toute distribution
de bons et mauvais points, de médailles et de blâmes sera déboutée. Nul ne nous
a établi juge de son prochain.
6. D’une manière générale, toute adresse à la
personne sera regardée de près, mis à part évidemment les formules de politesse
et d’amitié. Notre champ de rencontre, c’est celui des idées et de la vérité
universelle, pas de la polémique «ad hominem».
Si la censure doit tomber, ce sera rapide, avec ou
sans semonce. Les plus anciens savent ce que je veux dire. Comme je n’ai
malheureusement pas le temps de lire tous les messages postés, je demande à
chacun d’être vigilant et de me prévenir s’il constate des dérives. Il ne
s’agit pas de délation, mais bien d’ «assurance qualité» collective.
« Combattez toutes les
fausses opinions, mais que vos armes soient la patience, la douceur et l'amour.
La dureté fait du mal à l'âme de celui qui la pratique et la violence gâche les
meilleures causes » (st Jean de Kenty, 1390-1473).