Thomas d'Aquin en questions

 
 
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 morale thomiste
Auteur: Cristian de Leon 
Date:   17-06-2016 04:06


Chers tous,

il y a une question d'ordre moral que je n'arrive pas à résoudre et que je vais tenter de poser dans les termes les plus simples.

Quelle est la part de responsabilité d'un acte moralement mauvais sous influence ? Par exemple : si une femme décide de se faire avorter lorsqu'on sait que la société en grande partie autorise cet acte ? Si un enfant se fait donner un mauvais conseil par le parent, l'enfant sera coupable d'avoir commis cet acte, mais bien plus encore le parent. Dans notre société présente, il y a des conduites acceptées qui ne sont pas nécessairement bonnes et qui influencent grandement bon nombre d'individus. Or lorsque ces individus commettent ces actions mauvaises, comment peut-on juger de leur part de responsabilité, ou, dit en d'autres mots, quelle est la mesure qui permet de considérer la part de leur faute et la part de leur "innocence" entendu que la société est permissive à certaines fautes graves ?

Où trouver chez Saint Thomas les éléments de réponse à mon interrogation ?

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 Re: morale thomiste
Auteur: ouiouioui 
Date:   18-06-2016 23:50

Je ne vois pas là une grande difficulté : leur degré de culpabilité est inversement proportionnelle à leur degré d'ignorance invincible. Maintenant, si vous voulez juger la culpabilité exacte d'un individu donné, c'est impossible. Seul Dieu la connaît.

D.

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 Re: morale thomiste
Auteur: Delaporte 
Date:   23-06-2016 20:45

Cher Cristian,

Vous n’allez pas assez loin dans le questionnement. Notre société n’est pas seulement permissive, elle est devenue incitative. L’entourage, les parents, les autorités encouragent beaucoup plus à avorter qu’à envisager une autre solution. Autant il paraît normal de critiquer ces autres solutions, autant il est insupportable de critiquer l’avortement. Une jeune fille encore immature, en prise à ce milieu, n’a guère de chance d’en sortir la tête haute.

La question de la responsabilité ne peut pas recevoir de réponse universelle ni facile. Dans le cas de l’avortement “traditionnel” si je puis dire, la femme n’est que complice, et non homicide, car le vrai responsable, dont on parle rarement, c’est le médecin qui a assumé cette tâche, on ne sait pourquoi en dehors de l’argent. C’est lui le meurtrier, comme une sorte de tueur à gage. L’attitude de la femme peut cependant se répartir sur une gamme très large, de la passivité quasi abandonnée, à l’agressivité volontaire. La complicité ne sera pas la même et dans le second cas, on peut parler davantage de commanditaire que de complice.

Il n’en va pas de même de la pilule du lendemain, où c’est la femme elle-même qui commet l’homicide. Le corps médical n’est alors que complice.

Pourtant, la responsabilité est toujours engagée, si peu que ce soit, sauf aliénation mentale ou contrainte physique. La contrainte psychologique, venant des parents, du compagnon, ou de l’environnement peut s’approcher de la contrainte physique.

La mentalité actuelle est à la déculpabilisation pour vivre heureux. Le mal-être provient d’autrui, le plus souvent de nos parents, et le meilleur remède est d’en prendre conscience, et de rompre radicalement avec toutes les relations qualifiées de “toxiques”. C’est tellement rassurant !

Il me semble que le vrai remède va à l’inverse. Guérir du traumatisme d’un avortement – car c’est un véritable traumatisme a posteriori, tant physique que psychologique et moral – passe nécessairement par la prise de conscience progressive de la gravité extrême de l’acte, même s’il fut vécu dans la plus grande inconscience subjective.

Le repos de l’âme n’est accordé qu’au coupable repentant. L’inquiétude de fond, même sous les artifices du bonheur zen, ronge en permanence. Ceux qui la nient, ceux qui vous apprennent à la nier, sont des menteurs. Tôt ou tard, elle refait surface et vous entraîne dans la dépression. On dit que ce refus pourrait être une des causes (parmi beaucoup d’autres, évidemment) de la maladie d’Alzheimer.

Cette inquiétude ronge celui qui reporte la responsabilité sur autrui. Elle ronge même celui qui se reconnaît coupable, mais se complaît dans le remords. Seule la demande de pardon peut libérer. Il existe, je crois, des structures qui conduisent sur ce chemin. Dieu les bénisse.

Cordialement

L'animateur

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 Re: morale thomiste
Auteur: Cristian de Leon 
Date:   26-06-2016 04:41

Cher animateur,

je vous remercie beaucoup !

Cordialement,
CdL

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