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 La question de l'ordre
Auteur: JeuneCherchant 
Date:   18-11-2016 03:58

Bonjour à tous,

Encore une série de questions étranges de ma part - mais qui me trottent dans la tête depuis un moment. Je remercie Stagire pour m'avoir permis d'amorcer un début de réponse là-dessus.
En effet, "le hasard et le spontané ne viennent qu'après l'Intelligence et la nature". Ma question porte sur l'existence de l'intelligence, justement; ou plutôt, sur l'existence d'un ordre.

Voici donc mes questions, auxquelles vos réponses pourront m'aider avec certitude.
a) A la réponse de Stagire, me vient http://www.salve-regina.com/salve/Hasard_et_finalit%C3%A9 à l'esprit. Est-ce que cela signifie qu'il est nécessaire de parler d'ordre avant de parler de hasard (ou l'inverse) ?
b) Lorsqu'on dit qu'il y a un ordre, on parle de "loi" sous-jacente, ou de principe. Est-ce là une définition correcte ?
c) Si on observe une machine tirant aléatoirement des lettres, si on la regarde lorsque la séquence « bonjour » s’affiche, alors on peut en effet supposer qu’elle utilise un programme qui indique « affiche ’bonjour’ de temps en temps ». Le fait qu’il soit possible qu’elle affiche « bonjour » est une des sous-possibilité du fait qu’elle affiche des lettres au hasard. Est-ce une façon correcte de s'exprimer?
d) Pour aller dans ce sens, y a-t-il de l'ordre en Dieu? Y'a-t-il du désordre? J'ai l'impression qu'en Dieu, ordre et désordre sont confondus (au mieux), et au pire, ce sont des mots inadaptés pour parler de Lui.
e) Pour une objection ou un argument relatif, on dit souvent aujourd'hui que la notion d'ordre ou de hasard sont justement relatives à une vision subjective des choses : on dira en effet que quelque chose est en ordre par rapport à quelque chose, ou en désordre par rapport à quelque chose. Quel est le moyen de sortir de ce dilemme ?
f) Allons un peu plus loin dans la question : on dit souvent qu'un raisonnement par l'absurde permet de prouver l'inexistence de quelque chose. Un professeur de physique, croyant et ami, m'a indiqué que ce raisonnement ne marche pas dans la vie courante. Je suis confus. Ce dernier m'a en effet indiqué qu'il n'est possible de conclure à l'absurde que si on connaît l'existence de l'ordre naturel des choses; ce qui demande d'admettre un ordre naturel. Quelle est la meilleure réponse à offrir ici?
g) La réponse "on ne peut rien dire des choses" est une réponse classique au fait de "y'a-t-il un ordre". Quelle est une des conséquences majeures de cette pensée qu'il est possible d'utiliser pour rendre raison au thomisme par dessus ce scepticisme acide?
h) Que répondre à une vision post-moderne nihiliste d'un univers fait de bulles qui éclatent les unes aux autres, sans raison? J'ai trouvé cette opinion relativement courante parmi les jeunes de mon âge... comment peut-on parler d'"ordre" en évitant les écueils précédents?
i) En quelques sorte, je suis en train de voir une hypothèse « à la Meillassoux », où un « hyperchaos » pourrait être vu comme « plus probable » que Dieu. Je pense que cela impliquerait de voir la logique comme un « a posteriori » du monde, et non un « a priori » normatif. L’hyperchaos peut faire ou ne pas faire, mais il fait « sans raison ». Je suis conscient que cette position n’est pas forcément rationnelle ; mais je ne vois pas pourquoi le réel devrait se limiter au rationel. Un indice pour m'indiquer ce qui pourrait clocher avec cette vision des choses?

Bien à vous,
Un jeune cherchant, qui met de l'ordre dans ses idées.



Message modifié (18-11-2016 05:44)

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 11:11

JeuneCherchant a écrit:


> l'esprit. Est-ce que cela signifie qu'il est nécessaire de
> parler d'ordre avant de parler de hasard (ou l'inverse) ?


Le hasard et la fortune sont causes par accident de ce dont la nature et l'intelligence sont causes par soi, pour Aristote. Or la cause par accident ne peut précéder la cause par soi, car rien n'est par accident antérieur à ce qui est par soi.

Hasard et fortune sont donc causes postérieures.

Avant d'être accidentellement il faut être substantiellement.

L'ordre des choses signifie qu'elles sont de nature ou d'intelligence. l'ordre en tant que tel n'existe pas c'est l'ordre de quelque chose qui existe.

L'ordre précède donc le hasard.

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 11:27

Définition philosophique


Ordre

Ordre (nom commun)
Disposition, arrangement de choses qui garantit la stabilité et permet un classement intelligible.

(Logique) Catégorie, espèce, domaine particulier.


b) Lorsqu'on dit qu'il y a un ordre, on parle de "loi" sous-jacente, ou de principe. Est-ce là une définition correcte ?

Oui, on présuppose que l'on peut classer des choses par catégories, ou des nombres par ordre de grandeur ou des concepts abstraits par des similitudes et différences.

Il y a sous jacente la notion d'intelligibilité.

Plus une chose est formée plus elle est intelligible. la forme est la marque de l'esprit dans la matière , notre esprit recherche l'intelligible par la forme des choses. Le classement suppose l'intelligible qui présuppose que le monde est pensé. le chaos est déficience d'intelligibilité, pauvreté ontologique, absence de formes évoluées et donc indigence d'esprit dans la forme des choses.



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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 11:35

c) Si on observe une machine tirant aléatoirement des lettres, si on la regarde lorsque la séquence « bonjour » s’affiche, alors on peut en effet supposer qu’elle utilise un programme qui indique « affiche ’bonjour’ de temps en temps ». Le fait qu’il soit possible qu’elle affiche « bonjour » est une des sous-possibilité du fait qu’elle affiche des lettres au hasard. Est-ce une façon correcte de s'exprimer?

Non, le tirage aléatoire exclut que l'on ait introduit du non aléatoire dans le programme. le tirage permet de sortir de l'intelligible par accident mais la probabilité de tirer de l'intelligible diminue avec la longueur du texte. En dessous d'un certain seuil de probabilité on décide que l'évènement est impossible.

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 11:42

d) Pour aller dans ce sens, y a-t-il de l'ordre en Dieu? Y'a-t-il du désordre? J'ai l'impression qu'en Dieu, ordre et désordre sont confondus (au mieux), et au pire, ce sont des mots inadaptés pour parler de Lui.

Dieu est intelligent, il est donc l'ordre par excellence.

Le désordre suppose de l'accidentel, une cause par accident, et donc que Dieu soit sujet d'une cause qui lui soit extrinsèque. il n'y a pas d'accident en Dieu car il n'est en puissance de rien.

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 12:44

e) Pour une objection ou un argument relatif, on dit souvent aujourd'hui que la notion d'ordre ou de hasard sont justement relatives à une vision subjective des choses : on dira en effet que quelque chose est en ordre par rapport à quelque chose, ou en désordre par rapport à quelque chose. Quel est le moyen de sortir de ce dilemme ?

Si vous raisonnez sur une chose vous êtes dans l'objectivité.

Si vous raisonnez sans tenir compte des choses vous êtes dans la subjectivité.

Dans votre cas il n'y a pas de dilemme car vous êtes dans l'objectivité puisque sous le même rapport vous n'affirmez pas qu'une chose peut-être ou non ordonnée mais sous des rapports différents. Votre pensée reste dictée par les choses. Kant lui veut être accord avec lui-même dans sa propre pensée déconnectée du réel, c'est un subjectiviste. Le réel l'indiffère.

la similitude spirituelle de la chose qui est dans votre esprit, exige un retour fréquent à l'objet pour ne pas dériver vers le subjectivisme, c'est-à-dire tirer des idées de la chose sans confrontation avec la réalité par généralisation abusive.

Le supplément d'enquête permet éventuellement de sortir du subjectif.

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 12:58

f) Allons un peu plus loin dans la question : on dit souvent qu'un raisonnement par l'absurde permet de prouver l'inexistence de quelque chose. Un professeur de physique, croyant et ami, m'a indiqué que ce raisonnement ne marche pas dans la vie courante. Je suis confus. Ce dernier m'a en effet indiqué qu'il n'est possible de conclure à l'absurde que si on connaît l'existence de l'ordre naturel des choses; ce qui demande d'admettre un ordre naturel. Quelle est la meilleure réponse à offrir ici?

Il a partiellement raison car il faut bien partir d'un axiome et d'un premier principe indémontrable.

La réponse est insuffisante car en logique et en mathématique on fait abstraction de l'ordre naturel des choses et on n'en utilise pas moins le raisonnement par l'absurde. Donc sa position est trop restrictive.

La démonstration directe est toujours plus satisfaisante pour l'esprit que la démonstration de l'absurdité du contraire avec le risque de sophisme si on néglige les tierces solutions, auquel cas on on se noie dans une rhétorique oiseuse.



Message modifié (18-11-2016 12:59)

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 13:04

g) La réponse "on ne peut rien dire des choses" est une réponse classique au fait de "y'a-t-il un ordre". Quelle est une des conséquences majeures de cette pensée qu'il est possible d'utiliser pour rendre raison au thomisme par dessus ce scepticisme acide?


sophisme

On ne peut rien dire des choses est une affirmation dogmatique c'est déjà affirmer quelque chose avec certitude. Qu'est-ce qui fonde cette affirmation?


Le nihilisme s'impose alors, il faut se taire et faire comme le sophiste grec, Cratyle, se contenter de remuer le doigt dans l'impossibilité de ne rien affirmer.



Message modifié (18-11-2016 14:53)

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 14:56

JeuneCherchant a écrit:

> h) Que répondre à une vision post-moderne nihiliste d'un
> univers fait de bulles qui éclatent les unes aux autres, sans
> raison? J'ai trouvé cette opinion relativement courante parmi
> les jeunes de mon âge... comment peut-on parler d'"ordre" en
> évitant les écueils précédents?

Cratyle a donc 2300 ans d'avance sur les postmodernes qui se croient à la mode.

l'imbécilité n'a pas d'âge.

Cordialement

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: JeuneCherchant 
Date:   18-11-2016 17:34

> On ne peut rien dire des choses est une affirmation dogmatique
> c'est déjà affirmer quelque chose avec certitude. Qu'est-ce qui
> fonde cette affirmation?

Je tente, mon cher Olivarus; car on dit que les démons intellectuels sont à frapper au fer de la vérité.

Supposons qu'il vous dise "rien ne la fonde, mais c'est la seule chose certaine ! c'est la seule chose qui n'apporte rien de contradictoire à mes propos". Que peut-on dire ou faire?



Message modifié (18-11-2016 17:41)

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 18:21

JeuneCherchant a écrit:

> Supposons qu'il vous dise "rien ne la fonde, mais c'est la
> seule chose certaine ! c'est la seule chose qui n'apporte rien
> de contradictoire à mes propos". Que peut-on dire ou faire?


Face à Kant l'autiste ou à Cratyle qui remue son doigt, que peut-on dire ?

Il faut dire comme saint Paul, qu'ils sont impardonnables, que Dieu les a enténébré en punition à leur refus de contempler dans les réalités visibles les preuves des réalités invisibles. Saint Paul est sévère avec l'athéisme.

Le refus du réel a pour cause le refus de l'implacable logique qui nous impose de remonter des effets à la cause. Dieu est en fait leur ennemi, il faut donc considérer son oeuvre comme inaccessible. L'ennemi de la certitude est ennemi de Dieu.

Que faire?

Mala fides, mauvaise foi évidente du subjectiviste kantien, nihiliste de façade, car piquez lui son portefeuille et vous verrez qu'il peut dire avec certitude des choses sur la réalité extra mentale et prenez lui ses clés de contact et empruntez lui sa voiture. Vous verrez qu'il sortira du nihilisme de comédie.


Mort aux cons.


Cordialement



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 Re: La question de l'ordre
Auteur: JeuneCherchant 
Date:   18-11-2016 18:24

> Que faire?
>
> Mala fides, mauvaise foi évidente du subjectiviste kantien,
> nihiliste de façade, car piquez lui son portefeuille et vous
> verrez qu'il peut dire avec certitude des choses sur la réalité
> extra mentale et prenez lui ses clés de contact et empruntez
> lui sa voiture. Vous verrez qu'il sortira du nihilisme de
> comédie.
>
>
> Mort aux cons.

Brutal, mais efficace. Merci.

Je vous envie. Je ne sais pas si c'est l'air du temps, la jeunesse ou la mauvaise philosophie, mais mon esprit à tendance à faire des nœuds et nihiliser pour rien. Avoir la foi dans notre siècle n'est pas évident, et la conserver l'est encore moins. La philosophie m'aide, mais une tendance sceptique me trouve toujours le contre-exemple le plus "foireux".

Pensez, si un jour je m'égare à nouveau dans des raisonnements comme mon esprit est connu pour le faire (à voir les questions que je pose), à me donner le coup de pied aux fesses du retour à la réalité. Chose que j'aimerais que Dieu s'occupe un jour dans mon cas...



Message modifié (18-11-2016 18:29)

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   18-11-2016 18:37

Actualité de saint Paul



2 Timothée 4

"…prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.…"


Ils aiment les fables car la vérité leur fait horreur.


La haine de la philosophie réaliste vient de la haine de la vérité.

Cordialement



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 Re: La question de l'ordre
Auteur: JeuneCherchant 
Date:   18-11-2016 18:41

Olivarus a écrit:

> La haine de la philosophie réaliste vient de la haine de la
> vérité.

Que voulez-vous. À force de trouver de la zététique partout, à essayer de s'y engager pour mieux contrer, on finit par douter de ses propres positions. Hume par ci, Épicure par là...
J'ai encore l'envie d'être réaliste, et je me force à l'être, mais les arguments se chamboulent facilement dans ma pauvre jeune tête.

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Zarbor Zarvaj 
Date:   18-11-2016 19:34

Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs...

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: JeuneCherchant 
Date:   18-11-2016 22:41

Hélas, je me tourne différemment selon le cas: pour la philosophie, saint Thomas l'Aquinate. Pour le raisonnement erroné, sainte Rita?

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: JeuneCherchant 
Date:   19-11-2016 12:28

Olivarus a écrit:

> Ils aiment les fables car la vérité leur fait horreur.

Hmm, avec du recul, je pense qu'il y a quelque chose de curieux également. En effet, si l'on vous répond "rien ne la fonde, mais c'est la seule chose certaine ! c'est la seule chose qui n'apporte rien de contradictoire à mes propos", je pense qu'il y a un autre problème.

D'une part, soit cette phrase ne signifie rien et ne veut rien affirmer, dans ce cas, rien n'est affirmable, et comme vous le dites, le sophiste ne fait qu'agiter le doigt; soit d'autre part elle a une valeur de vérité, quelle qu'elle soit, même par chance, et dans ce cas, c'est le reste de la "vision" qui se casse la figure (car la vérité de la phrase, ou même sa correspondance avec quelque chose de factuel, implique d'autres choses).

Qu'en pensez-vous?

Répondre à ce message
 
 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   19-11-2016 18:38

JeuneCherchant a écrit:

>
>
> D'une part, soit cette phrase ne signifie rien et ne veut rien
> affirmer, dans ce cas, rien n'est affirmable, et comme vous le
> dites, le sophiste ne fait qu'agiter le doigt;

Oui pour le nihiliste, on aboutit à se taire.

Remarquez que l'avantage c'est qu'il ne dit plus de bêtises.

soit d'autre
> part elle a une valeur de vérité, quelle qu'elle soit, même par
> chance, et dans ce cas, c'est le reste de la "vision" qui se
> casse la figure (car la vérité de la phrase, ou même sa
> correspondance avec quelque chose de factuel, implique d'autres
> choses).
>
> Qu'en pensez-vous?

Oui, c'est le même type de phrase que: un crêtois dit que tous les crêtois sont menteurs, comme il est crêtois il est menteur donc ce qu'il dit est faux... Enfermement dans la sottise. Une affirmation contradictoire aboutit à une logique folle.

Dire de façon dogmatique que l'on ne peut rien dire des choses, c'est encore affirmer que des choses existent, mais qu'on ne peut rien en dire ce qui est contradictoire, on affirme au moins leur existence. Il faudrait se taire complètement. Enfermement dans la sottise. Bis: Une affirmation contradictoire aboutit à une logique folle.

Qu'est-ce qui lui permet d'affirmer une contradiction ?

Le premier principe c'est le principe de non contradiction. Oui n'est pas non. Le principe d'identité interdit la contradiction dans l'affirmation.

(Hegel disciple de Kant affirmera l'identité des contradictoires, un fou furieux très intelligent).

“Toutes les choses sont contradictoires en soi.” Hegel.

On a affaire à des sophistes qui utilisent leur intelligence parfois très grande (comme Kant) pour lutter contre toute certitude.

L'intelligence n'est pas une fin en soi, la fin de l'intelligence c'est la possession de la vérité qui est son bien propre. Quel intérêt de développer une hypercritique de la connaissance pour aboutir à l'aveuglement complet? C'est mépriser son bien propre.

La connaissance est critique mais réelle elle n'est pas apparente.

Les idéalistes ne croient qu'aux apparences pas à la réalité. les réalistes se soumettent à la réalité des choses.

La vérité est dans l'accord entre l'esprit et la chose pour le réaliste. la vérité est inaccessible pour l'idéaliste.

Vous avez alors des élèves de philosophie qui perdent un temps fou dans la philosophie idéaliste qui niera les premiers principes et aboutira à une véritable déroute de l'intelligence de ceux qui s'y enferment.


Entrez-y avec un fouet. Soyons dissidents du système.

Cordialement



Message modifié (19-11-2016 20:26)

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: JeuneCherchant 
Date:   21-11-2016 11:17

Olivarus a écrit:

> (Hegel disciple de Kant affirmera l'identité des
> contradictoires, un fou furieux très intelligent).

Hmm, à la manière du dialthéisme ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Dialeth%C3%A9isme ) ?

Répondre à ce message
 
 Re: La question de l'ordre
Auteur: Olivarus 
Date:   21-11-2016 11:41

Oui.


Par souci d'ecclectisme on a tendance à survoler tout le monde pour ne pas pécher par sectarisme et à encenser au passage les notables de la philosophie, mais l'exercice à ses limites.
C'est superficiel, il vaut mieux avouer ses limites et dire d'emblée que l'on pèche par ignorance en se gardant des esprits faux.

Il faut aller à la vérité et s'y tenir sans être écolâtre de personne en philosophie.

On n'est ni thomiste, ni aristotélicien, inconditionnel de personne, car les géants de la pensée seraient très choqués par les suiveurs inconditionnels. mais il est vrai qu'être des nains sur des épaules de géants est plus fécond que d'être des nains farcis par des esprits pervertis.

L'Eglise elle-même refuse l'exclusivisme dans ce domaine, même si elle a ses préférences avouées.

Prenons parti bravement.



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 Re: La question de l'ordre
Auteur: ouiouioui 
Date:   21-11-2016 21:46

Je vous conseille de lire "Le Réalisme du principe de finalité" de Garrigou-Lagrange. C'est une vraie perle. Il y a une version gratuite en ligne si je ne me trompe.

D.

Répondre à ce message
 
 Re: La question de l'ordre
Auteur: Stagire 
Date:   27-11-2016 20:12

JeuneCherchant a écrit:

> Ma question porte sur l'existence de l'intelligence, justement;
> ou plutôt, sur l'existence d'un ordre.

Pour nourrir vos réflexions :

Catégories 12 et 13

12
Une chose est dite antérieure de quatre façons.
En un sens premier et fondamental, c’est selon le temps d’après lequel une chose est dite plus vieille et plus ancienne qu’une autre : c’est parce qu’il s’est écoulé plus de temps qu’on. appelle la chose plus vieille et plus ancienne.
En second lieu, est antérieur ce qui n’admet pas de réciprocation en ce qui concerne la consécution d’existence’ : par exemple, le nombre un est antérieur au nombre deux, car si deux est donné, il s’ensuit immédiatement qu’un existe, tandis que si c’est un qui est donné, il ne s’ensuit pas nécessairement que deux existe. Ainsi l’existence du nombre un n’en traîne pas, par réciprocation, celle de l’autre nombre. Il semble donc bien qu’est antérieur ce dont la consécution d’existence n’admet pas de réciprocation.
En troisième lieu, l’antérieur se dit par rapport à un certain ordre, comme dans les sciences et les discours. De fait, dans les sciences démonstratives, il y a l’antérieur et le postérieur selon l’ordre : les éléments sont antérieurs selon l’ordre, aux propositions géométriques, et, dans la grammaire, les lettres sont [14b] antérieures aux syllabes. Et de même, dans les discours, le préambule est antérieur selon l’ordre, à l’exposition.
Outre les sens dont nous venons de parler, il y en a un autre : ce qui est meilleur et plus estimable semble bien être antérieur par nature. Dans le langage courant, on dit des hommes qu’on estime le plus et qu’on aime le mieux qu’ils sont avant les autres. C’est là sans doute le plus détourné de tous les sens d’antérieur.
Tels sont donc, à peu près, les différents modes d’antérieur.
Il semblerait cependant qu’en dehors des sens d’antérieur que nous venons d’énumérer, il y en eût un autre. Dans les choses, de fait, qui admettent la réciprocation en ce qui concerne la consécution d’existence, la cause, à un titre quelconque, de l’existence d’une autre chose semblerait devoir être antérieure par nature. Or il est évident qu’il existe des exemples de ce genre : l’homme réel se réciproque selon la consécution d’existence avec la proposition qui est vraie à son sujet. Si, en effet, l’homme existe, la proposition par laquelle nous disons que l’homme existe est vraie aussi ; et réciproquement, si la proposition par laquelle nous disons que l’homme existe est vraie, l’homme existe aussi. Cependant la proposition vraie n’est en aucune façon cause de l’existence de la chose ; c’est au contraire la chose qui semble être, en quelque sorte, la cause de la vérité de la proposition, car c’est de l’existence de la chose ou de sa non-existence que dépend la vérité ou la fausseté de la proposition.
C’est donc bien de cinq façons qu’une chose est dite antérieure à une autre.


13
Simultané se dit, au sens simple et le plus fondamental du terme, des choses dont la génération a lieu en même temps, aucune d’elles n’étant antérieure ni postérieure à l’autre. Elles sont dites simultanées dans le temps.
Sont simultanées par nature les choses qui se réciproquent en ce qui concerne la consécution d’existence, sans que l’une soit d’aucune façon la cause de l’existence de l’autre. Tel est le cas du double et de la moitié : ces termes se réciproquent (car si le double existe, la moitié existe, et si la moitié existe, le double existe), bien qu’aucun des deux ne soit la cause de l’existence de l’autre.
Les espèces qui, provenant de la division du même genre, sont opposées l’une à l’autre sont aussi appelées simultanées par nature. Par « opposés l’un à l’autre dans la division », j’entends les termes qui sont opposés selon la même division ; par exemple, l’ailé est simultané au pédestre et à l’aquatique. Ces termes sont opposés dans la division, quand ils proviennent du même genre, car l’animal est divisé en des espèces comme l’ailé, le pédestre et l’aquatique ; aucune d’elles n’est antérieure, ni postérieure, mais de tels termes semblent bien être simultanés par nature. Chacune de ces espèces, le pédestre, l’ailé et l’aquatique peut être à son tour divisée en espèces : il y aura donc aussi simultanéité naturelle pour ces dernières espèces qui proviennent du même genre, selon la même division.
Par contre, les genres sont toujours antérieurs aux espèces, car il n’y a pas réciprocité au point de vue de la consécution d’existence : par exemple, si l’aquatique existe l’animal existe, mais si l’animal existe l’aquatique n’existe pas nécessairement.
On appelle donc simultanés par nature les termes qui se réciproquent en ce qui concerne la consécution d’existence, sans que l’un soit, en aucune façon, la cause de l’existence de l’autre ; ensuite, les espèces qui s’opposent l’une à l’autre dans la division à partir du même genre. Enfin sont simultanés, au sens simple, les êtres dont la génération a lieu en même temps.

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 Re: La question de l'ordre
Auteur: Stagire 
Date:   28-11-2016 01:59

https://archive.org/stream/GarrigouLagrangeFrench/Le%20Realisme%20du%20Principe%20de%20Finalite%20-%20Garrigou-Lagrange%2C%20Reginald%2C%20O.P_#page/n0/mode/2up

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