Thomas d'Aquin en questions

 
 
Charte du forum
 
 Nouveau sujet  |  Remonter au début  |  Retour au sujet  |  Rechercher  |  S'identifier   Nouveau sujet  |  Anciens sujets 
 définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   25-03-2017 00:16

Bonjour,

Je vous propose une question assez triviale, mais qui me tracasse depuis un certain temps:
On dit que la substance est ce qui existe "en soi". Elle se distingue ainsi de l'accident, qui existe "en un autre". Or les expressions "en soi" et "en un autre" doivent être définies. Et c'est là que se pose le problème. En effet, que peut bien vouloir dire "en soi"? Je vois quatre possibilités:

- Soit "en soi" doit s'entendre comme opposé à "en un autre" en ce sens que ce qui existerait en un autre serait localement en un autre, et ce qui existerait en soi ne serait pas localement en un autre. Mais il est évident qu'il ne s'agit pas là de la définition recherchée, puisque celle-ci doit relever de l'ontologie, et non de la spatialité.

- Soit "en soi" veut dire: "qui n'a besoin que de soi-même pour exister". Or il est évident que ni Aristote ni saint Thomas n'entendaient le mot "substance" en ce sens, car alors seul Dieu serait substance.

- Soit "en soi" doit s'entendre un peu à la manière de Descartes:"qui n'a besoin que de soi même et de Dieu pour exister". Cette définition englobe donc Dieu ainsi que certaines créatures. Mais ce ne peut être encore la bonne définition, si du moins l'on veut tenir comme saint Thomas que Dieu n'est pas substance.

-Soit enfin,"en soi" veut dire (implicitement , certes): "qui n'est pas Dieu et qui n'a besoin que de soi-même et de Dieu pour exister". Cette définition à l'avantage d'être bien plus proche de ce que saint Thomas semble vouloir dire lorsqu'il définit la substance comme "ce qui existe en soi mais n'est pas sa propre existence". Mais ce n'est cependant pas tout à fait la même chose. Car selon notre quatrième définition un cheval ou un homme ne peuvent être dits substances. En effet, ces êtres ont besoin de plus qu'eux-mêmes et Dieu pour exister (ils ont besoin par exemple de la pression atmosphérique, et peut-être même de l'univers entier). Or saint Thomas considérait pourtant le cheval et l'homme comme des substances.

Reste donc que la définition de la substance comme ce qui existe "en soi" est énigmatique, car aucune définition ne semble éclairer sa compréhension. Je vous saurais donc gré de vos lumières si vous pouviez m'en apporter.

Cordialement,

D.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Albertine 
Date:   26-03-2017 07:48

Bonjour.

On pourrait opposer exi-stance et sub-stance.

On pourrait d´abord s´approcher à l´essence de la "stance" et après saisir la différence entre exi-stance et sub-stance.

Je propose comme working hypothesis:

sub-stance = l´essence de l´être ou d´un être particulier

Cordialement.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Albertine 
Date:   26-03-2017 08:21

Un autre approche:

on cherche des oppositions pour voir plus clair.

Le substantiel est opposé au décoratif (farfelu, ...).

Un autre approche:

on essaye de trouver un bon exemple ou plusieurs et on essaye de faire une abstraction.

La substance d´une table de bois c´est le bois probablement.

Une table c´est subtantiellement un morceau du bois auquel on a donné une certaine forme.

Cordialement.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Olivarus 
Date:   26-03-2017 08:47

Le sujet est vaste comme la métaphysique science de la substance.


On peut en faire des tonnes.

On peut dire aussi que la substance a valeur de principe d'existence, et que l'essence est ce qui indique précisément la substance.

Allons jusqu'au bout, la substance est surtout forme, c'est-à-dire la cause " en raison de laquelle la matière est quelque chose de défini".

La substance , principe formel ou essence déterminée.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Olivarus 
Date:   26-03-2017 09:06

En soi.


Individuation et singularité de la substance par opposition au pluriel général et universel de l'essence.

Prenons des exemples pour ne pas délirer.

Il y a deux cerisiers dans mon jardin. Leur autonomie est réelle, je peux abattre l'un sans que l'autre meure. L'un est plus fécond que l'autre et leur lieu est différent et leur matière également, mais leur ligne d'essence est la même.

L'en soi définit bien le fait qu'il y a une nature qui s'exprime bien dans un être singulier qui ne peut être confondu avec une autre substance sans confusion mentale.

Contre le mono-substantialisme des panthéistes à la Spinoza.


Aristote est d'abord biologiste au fond. Son discours sous entend une contemplation du réel.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Albertine 
Date:   26-03-2017 10:25

On pourrait essayer de faire un cerisier ressembler une chêne: en coupant et colorant les feuilles, en modifiant le tronc.

Ce monstre serait toujours substentiellement un cerisier.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Albertine 
Date:   26-03-2017 12:14

La monstrosité et le trompe l´oeil ce sont des exemples d´une substance dénaturée.

Tandis que la substance naturelle est harmonieuse, parce qu´elle concorde avec l´univers.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   26-03-2017 21:00

Olivarus a écrit:

> En soi.
>
>
> Individuation et singularité de la substance par opposition au
> pluriel général et universel de l'essence.
>
> Prenons des exemples pour ne pas délirer.
>
> Il y a deux cerisiers dans mon jardin. Leur autonomie est
> réelle, je peux abattre l'un sans que l'autre meure. L'un est
> plus fécond que l'autre et leur lieu est différent et leur
> matière également, mais leur ligne d'essence est la même.
>
> L'en soi définit bien le fait qu'il y a une nature qui
> s'exprime bien dans un être singulier qui ne peut être confondu
> avec une autre substance sans confusion mentale.
>

Cher Olivarus,

Si vous dites que la définition de la substance comme "ce qui est en soi" équivaut simplement à "ce qui est singulier", alors vous ne pourrez pas expliquer la différence entre une substance et un accident. Car les accidents aussi sont individués.

D.



Message modifié (26-03-2017 21:01)

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   26-03-2017 21:08

Olivarus a écrit:

> Le sujet est vaste comme la métaphysique science de la
> substance.
>
>
> On peut en faire des tonnes.
>
> On peut dire aussi que la substance a valeur de principe
> d'existence, et que l'essence est ce qui indique précisément la
> substance.
>
> Allons jusqu'au bout, la substance est surtout forme,
> c'est-à-dire la cause " en raison de laquelle la matière est
> quelque chose de défini".
>
> La substance , principe formel ou essence déterminée.

Le mot "substance" a certes plusieurs définitions. L'une d'elles et celle que vous proposez: l'essence.
Mais "substance" peut aussi vouloir dire "sujet". Ce n'est pas tout à fait la même chose que l'essence. Et c'est selon cette notion de sujet que l'on définit la substance comme "ce qui est en soi".

D.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Stagire 
Date:   27-03-2017 02:29

Contra gentiles I, 25 :

Du fait qu'on affirme l'étant, il ne saurait y avoir genre : on a prouvé que l'étant n'implique pas la notion de genre. - Il ne peut davantage y avoir genre du fait qu'on affirme le par-soi. Cela, semble-t-il, ne fait qu'impliquer une négation : dire qu'un étant existe par soi, c'est dire qu'il n'existe pas dans un autre, ce qui est une simple négation. Cette négation ne peut constituer la définition du genre, car, s'il en allait ainsi, le genre ne dirait pas ce qu'est la chose, mais ce qu'elle n'est pas. - Il faut donc que la notion de substance soit comprise de telle manière que la substance soit une chose-à-qui-il-convient-d'exister-en-dehors-d'un-sujet, le nom de la chose étant imposé par sa quiddité, comme son nom d'étant l'est par l'être. Ainsi la notion de substance demande que la substance ait une quiddité à qui il convient d'exister sans être dans un (autre) sujet.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Olivarus 
Date:   27-03-2017 08:19

ouiouioui a écrit:


> Cher Olivarus,
>
> Si vous dites que la définition de la substance comme "ce qui
> est en soi" équivaut simplement à "ce qui est singulier", alors
> vous ne pourrez pas expliquer la différence entre une substance
> et un accident. Car les accidents aussi sont individués.


"si vous dites", mais je ne dis pas...


C'est un aspect de la substance par rapport à l'essence, mais effectivement on peut aussi insister sur sa distinction par rapport à l'accident. Remarque complémentaire et non antagoniste.

On ne peut tout dire brièvement.

Cordialement.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Stagire 
Date:   27-03-2017 18:29

Super Sent. Lib 1 d. 23 q. 1 a. 1 co.

« Substance, subsistance, essence, personne », employés pour Dieu sont-ils des synonymes ?

http://docteurangelique.free.fr/bibliotheque/sommes/SENTENCES1.htm



Message modifié (27-03-2017 18:29)

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Albertine 
Date:   27-03-2017 19:59

Une pensée:

la substance du cerisier comprenne-t-elle la substance d´une feuille de ce cerisier et la substance d´une seule cerise de ce cerisier ?

Et si un cerisier se procrée et il y en a cinq nouvaux, s´agit-il de cinq substances ou d´une seule ?

Il faut descendre au plan génétique.

La substance est-elle divisible ?
Un des critères d´Aristote.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   28-03-2017 14:41

Stagire a écrit:

> Contra gentiles I, 25 :
>
> Du fait qu'on affirme l'étant, il ne saurait y avoir genre : on
> a prouvé que l'étant n'implique pas la notion de genre. - Il ne
> peut davantage y avoir genre du fait qu'on affirme le par-soi.
> Cela, semble-t-il, ne fait qu'impliquer une négation : dire
> qu'un étant existe par soi, c'est dire qu'il n'existe pas dans
> un autre, ce qui est une simple négation. Cette négation ne
> peut constituer la définition du genre, car, s'il en allait
> ainsi, le genre ne dirait pas ce qu'est la chose, mais ce
> qu'elle n'est pas. - Il faut donc que la notion de substance
> soit comprise de telle manière que la substance soit une
> chose-à-qui-il-convient-d'exister-en-dehors-d'un-sujet, le nom
> de la chose étant imposé par sa quiddité, comme son nom d'étant
> l'est par l'être. Ainsi la notion de substance demande que la
> substance ait une quiddité à qui il convient d'exister sans
> être dans un (autre) sujet.

Donc la substance est ce qui n'existe pas dans un sujet. Il semble donc qu'une pierre en ce sens soit une substance. Pourtant la pierre est au même temps un être accidentel puisqu'elle est formée par ses molécules positionnées du certaine manière les unes par rapport aux autres. Il semble donc qu'une substance puisse être composée d'accidents.

D.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Stagire 
Date:   28-03-2017 15:29

À Contra gentiles I, 25, Thomas d’Aquin écrit:
«Du fait qu'on affirme l'étant, il ne saurait y avoir genre : on a prouvé que l'étant n'implique pas la notion de genre. - Il ne peut davantage y avoir genre du fait qu'on affirme le par-soi. Cela, semble-t-il, ne fait qu'impliquer une négation : dire qu'un étant existe par soi, c'est dire qu'il n'existe pas dans un autre, ce qui est une simple négation. Cette négation ne peut constituer la définition du genre, car, s'il en allait ainsi, le genre ne dirait pas ce qu'est la chose, mais ce qu'elle n'est pas.
- Il faut donc que la notion de substance soit comprise de telle manière que la substance soit une chose-à-qui-il-convient-d'exister-en-dehors-d'un-sujet, le nom de la chose étant imposé par sa quiddité, comme son nom d’étant l'est par l'être. Ainsi la notion de substance demande que la substance ait une quiddité à qui il convient d'exister sans être dans un (autre) sujet.

D écrit :
> Donc la substance est ce qui n'existe pas dans un sujet. Il
> semble donc qu'une pierre en ce sens soit une substance.
> Pourtant la pierre est au même temps un être accidentel
> puisqu'elle est formée par ses molécules positionnées du
> certaine manière les unes par rapport aux autres. Il semble
> donc qu'une substance puisse être composée d'accidents.

Où est la différence entre la doctrine de Thomas d’Aquin et celle de D, si tant est qu’il y ait une ?

Elle se trouve à «Les principes de la réalité naturelle» :
«17. — "Elément", au sens propre, se dit seulement des causes qui entrent dans la composition de l’objet produit, c’est-à-dire des causes matérielles. Mais point de n’importe quelles causes matérielles: seulement de celles qui entrent dans la première composition de l’objet. Par exemple, les membres ne sont pas des éléments du corps humain, parce que les membres eux-mêmes sont composés. Mais nous appelons "éléments," la terre et l’eau, parce que la terre et l’eau nous apparaissent comme n’étant pas eux-mêmes composés à partir d’autres corps et qu’au contraire nous croyons que c’est à partir d’eux que se font les composés que sont les corps naturels. C’est pourquoi Aristote, en son cinquième livre métaphysique, énonce: "Elément" se dit du premier composant immanent d’un être, spécifiquement indivisible en d’autres espèces." Expliquons ces termes. "Premier composant" s’entend d’après ce que nous avons déjà dit. "Immanent": pour que l’élément soit distingué de la matière qui est complètement désintégrée en servant à la production d’un objet. Par exemple le pain est matière par rapport au sang, mais le sang est alimenté par la désintégration du pain; le pain ne demeure pas en tant que tel dans le sang; on ne peut donc pas dire que le pain est un élément du sang. Pour qu’une matière soit un élément, il faut qu’elle demeure en quelque manière dans le composé, et n’y soit pas entièrement désintégrée, comme le dit Aristote en son traité de la production et de la désintégration. "Spécifiquement indivisible en d’autres espèces": cela marque la différence entre un élément et des objets composés de parties qui sont diverses par leur forme (ou espèce): par exemple la main, composée de chair et d’os qui diffèrent selon l’espèce. Un élément est indivisible en parties d’espèces différentes; par exemple l’eau [telle qu’elle nous apparaît au stade actuel de nos connaissances]: n’importe quelle partie de l’eau, c’est encore de l’eau. Peu importe qu’un élément soit ou non indivisible selon la quantité; il suffit qu’il ne puisse être décomposé en espèces différentes. Et s’il ne peut être divisé d’aucune manière, c’est encore un élément: comme les lettres de l’alphabet sont les éléments des mots. De tout cela il ressort que le principe a une plus grande extension que la cause, et la cause une plus grande extension que l’élément. C’est ce que dit Averroès en commentant le cinquième livre métaphysique d’Aristote.»

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   04-04-2017 21:08

Cher Stagire,

Je ne suis pas sûr de voir la différence dont vous parlez. Faites-vous allusion au fait que saint Thomas croyait à la théorie des quatre éléments et ne connaissait donc pas le composition moléculaire de l'eau ou de la pierre? Si c'est bien ça, il ne s'agit pas d'une différence à propos de la définition de la substance elle-même, n'est-il pas?

D.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   04-04-2017 21:17

À propos de la définition de la substance, j'ai encore une question:

Aristote affirme dans Les Catégories que "La substance, au sens le plus fondamental, premier et principal du terme, c'est ce qui n'est ni affirmé d'un sujet, ni dans un sujet : par exemple, l'homme individuel ou le cheval individuel."

Or, si l'on peut admettre qu'il y ait des choses qui ne soient pas dans un sujet, je ne vois par contre pas comment peut-il y avoir quelque chose qui ne puisse être affirmé d'un sujet. Prenons l'exemple d'une substance tout à fait singulière s'il en est: Pierre. Je peux très bien affirmer: Pierre est Pierre. Pourquoi donc Aristote dit-il que la substance ne peut être affirmée d'un sujet?

D.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Stagire 
Date:   05-04-2017 03:14

Cher ouiouioui,

> Je ne suis pas sûr de voir la différence dont vous parlez.
> Faites-vous allusion au fait que saint Thomas croyait à la
> théorie des quatre éléments et ne connaissait donc pas le
> composition moléculaire de l'eau ou de la pierre? Si c'est bien
> ça, il ne s'agit pas d'une différence à propos de la définition
> de la substance elle-même, n'est-il pas?


Qu'il y ait quatre, huit, ..., 92 éléments, ou pas, la différence que vous ne voyez pas est dans la définition de «élément».

Cordialement

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Stagire 
Date:   05-04-2017 03:29

Cher ouiouioui,

> Aristote affirme dans Les Catégories que "La substance, au sens
> le plus fondamental, premier et principal du terme, c'est ce
> qui n'est ni affirmé d'un sujet, ni dans un sujet :
> par exemple, l'homme individuel ou le cheval individuel."

La substance au sens le plus fondamental, premier et principal du terme n'est autre que le suppôt; il est individuel et singulier.

La substance au sens second est une nature indivise et universelle; comme l'universel est un tout indivis, ses parties ne sont pas singulières, mais particulières. C'est la différence entre le singulier et le particulier.

Dans une comparaison, il est cherché une raison (unité de mesure) qui possède une parité (par), une parité unique (com); cette raison est un universel, prédicable de ses parties précisément particulières.

Le singulier n'est pas connaissable précisément parce qu'il est incomparable.

> Or, si l'on peut admettre qu'il y ait des choses qui ne soient
> pas dans un sujet, je ne vois par contre pas comment peut-il y
> avoir quelque chose qui ne puisse être affirmé d'un sujet.
> Prenons l'exemple d'une substance tout à fait singulière s'il
> en est: Pierre. Je peux très bien affirmer: Pierre est Pierre.
> Pourquoi donc Aristote dit-il que la substance ne peut être
> affirmée d'un sujet?

Vous confondez l'affirmation logique avec l'affirmation grammaticale. L'affirmation grammaticale «Pierre est Pierre» ne dit rien puisque le mot «Pierre» n'est qu'un bruit fait avec la bouche.

Cordialement

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Pschiiiiiiiiiiiiiiit 
Date:   06-04-2017 04:04

Cher wewewe,

Un ancien fil où il est question de la substance-principe. Vous me direz si cela apporte des éclaircissements... http://www.thomas-aquin.net/PHPhorum/read.php?f=1&i=656&t=656#reply_656



Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   07-04-2017 22:25

Stagire a écrit:

>
> Qu'il y ait quatre, huit, ..., 92 éléments, ou pas, la
> différence que vous ne voyez pas est dans la définition de
> «élément».
>

Mais je ne vois pas comment vous pouvez voir une différence entre saint Thomas et moi à propos de la définition de "élément", puisque je n'ai pas donné pour ma part une définition de "élément".

D.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   07-04-2017 22:30

Stagire a écrit:

> Vous confondez l'affirmation logique avec l'affirmation
> grammaticale. L'affirmation grammaticale «Pierre est Pierre» ne
> dit rien puisque le mot «Pierre» n'est qu'un bruit fait avec la
> bouche.
>

Pourriez-vous développer? Je ne vois pas quelle est la différence entre l'affirmation logique avec l'affirmation grammaticale. Certes, le mot Pierre est en soi un simple bruit, mais je ne vois pas ce que cela change, puisqu'il désigne tout de même une substance bien réelle.

D.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Stagire 
Date:   07-04-2017 22:39

Cher D,

> Mais je ne vois pas comment vous pouvez voir une différence
> entre saint Thomas et moi à propos de la définition de
> "élément", puisque je n'ai pas donné pour ma part une
> définition de "élément".

Vous aviez écrit : «Pourtant la pierre est au même temps un être accidentel puisqu'elle est formée par ses molécules positionnées du certaine manière les unes par rapport aux autres. Il semble donc qu'une substance puisse être composée d'accidents.»

D'où la définition de «élément», traduisant le grec «atomos».

Cordialement

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Stagire 
Date:   07-04-2017 22:48

Cher D,

> Pourriez-vous développer? Je ne vois pas quelle est la
> différence entre l'affirmation logique avec l'affirmation
> grammaticale. Certes, le mot Pierre est en soi un simple bruit,
> mais je ne vois pas ce que cela change, puisqu'il désigne tout
> de même une substance bien réelle.

«Substance bien réelle» se prend en deux acceptions : le suppôt qui exerce un acte d'être, la substance dite première, et la nature partagée constituant l'essence de la quiddité qui exerce l'acte d'être lorsque cette essence est distincte de l'acte d'être, bref la substance seconde.

La connaissance de la substance dite première s'acquiert par voie de démonstration.

Le mot «Pierre» ne nomme pas, mais il désigne. Désigne quoi ? Vous dites: «une substance bien réelle». Pour ce faire, il faudrait que le mot «Pierre» nomme logiquement, ce qu'il ne fait pas.

Cordialement

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   11-04-2017 22:33

Stagire a écrit:

> Cher D,
>
> > Mais je ne vois pas comment vous pouvez voir une différence
> > entre saint Thomas et moi à propos de la définition de
> > "élément", puisque je n'ai pas donné pour ma part une
> > définition de "élément".
>
> Vous aviez écrit : «Pourtant la pierre est au même temps un
> être accidentel puisqu'elle est formée par ses molécules
> positionnées du certaine manière les unes par rapport aux
> autres. Il semble donc qu'une substance puisse être composée
> d'accidents.»
>
> D'où la définition de «élément», traduisant le grec «atomos».
>

Effectivement, j'ai parlé de molécules. Mais je ne voulais pas parler d'éléments, puisque les éléments sont les composants premiers (c'est à dire les plus élémentaires) des êtres matériels. Or les molécules ne sont pas les composants premiers puisque elles sont elles-mêmes composées. La physique moderne ne connaît pas encore les composants premiers.
Ceci dit et quoiqu'il en soit, mon idée principale était la suivante: une substance peut être composée d'accidents si, comme dans le cas d'une pierre, ses composants ne sont unis que par accident. Non que des accidents de la pierre composent la pierre. Mais que des accidents des molécules de la pierre (à savoir les relations d'union entre ces molécules) composent la pierre. Croyez-vous que saint Thomas objecterait contre cette thèse? Si oui pourquoi?

D.



Message modifié (11-04-2017 23:22)

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: ouiouioui 
Date:   11-04-2017 22:36

Stagire a écrit:

> Le mot «Pierre» ne nomme pas, mais il désigne. Désigne
> quoi ? Vous dites: «une substance bien réelle». Pour ce faire,
> il faudrait que le mot «Pierre» nomme logiquement, ce
> qu'il ne fait pas.
>

Pourriez-vous définir ce que vous entendez par "nommer logiquement"?

D.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Stagire 
Date:   12-04-2017 00:59

ouiouioui a écrit:

> Pourriez-vous définir ce que vous entendez par "nommer
> logiquement"?

Il y a «nommer logiquement» lorsque le non exprime l'essence de la quiddité.

Cordialement

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Albertine 
Date:   12-04-2017 16:00

Le nom exprime la quiddité s´il est onomatopoétique.

Comme le "brouhaha" ou le "vacarme".

Mais les noms pierre, stone, Stein, kamien et d´autres encore ne sont que des noms conventionels pour rendre possible la communication.

Répondre à ce message
 
 Re: définition de la substance
Auteur: Albertine 
Date:   12-04-2017 16:13

Une idée:

on regarde un cayou en forme oval.

La stance c´est la forme de ce cayou et aussi sa présence réelle.

Sous la stance il y a des molécules du granit, du marbre, du grès, du charbon particulier (diament) ou d´une autre sorte encore.

Le cayou est donc substentiellement (sous-stance-iellement) un morceau du granit ou du marbre.

Mais un cayou peut avoir l´air de consister d´autres molécules, à cause des changements atmosphériques.

Des propositions vraies dans des conditions justes:

"Ce cayou est substentiellement du granit."
"Ce cayou qui semble d´être un morceau du marbre est substentiellement un morceau du granit."

Ou même encore:

"Cet oeuf coloré est substentiellement un morceau du granit. Il ne faut pas le manger."



Message modifié (12-04-2017 16:31)

Répondre à ce message
 Liste des forums  |  Vue en arborescence   Nouveau sujet  |  Anciens sujets 


 Liste des forums  |  Besoin d'un identifiant ? Enregistrez-vous ici 
 Connexion
 Nom utilisateur:
 Mot de passe:
 Retenir mon login:
   
 Mot de passe oublié ?
Veuillez saisir votre adresse e-mail ou votre identifiant ci-dessous, et un nouveau mot de passe sera envoyé à l'e-mail associé à votre profil.
Page sans titre