Thomas d'Aquin en questions

 
 
Charte du forum
 
 Nouveau sujet  |  Remonter au début  |  Retour au sujet  |  Rechercher  |  S'identifier   Nouveau sujet  |  Anciens sujets 
 Du bien, de la privation du bien, et de la valeur
Auteur: Stagire 
Date:   02-06-2017 18:35

Qu’en est-il d’une «approche aristotélico-thomiste» du bien, de la privation du bien, et de la valeur ? Voici quelques idées jetées en vrac, pour discussion si tant est qu’elles le méritent.

Qu’est-ce que le bien ? Le bien cause la perfection d’autre chose par l’existence qu’il a dans la réalité, parce qu’il est dans les réalités.

C’est ainsi que, à De veritate, Q 21 Art 1, Thomas écrit : «Ensuite, l’étant cause la perfection d’autre chose non seulement par la nature de son espèce, mais aussi par l’existence qu’il a dans la réalité. Et c’est de cette façon que le bien cause la perfection. En effet, le bien est dans les réalités, comme dit le Philosophe au sixième livre de la Métaphysique. Or, dans la mesure où un étant cause par son existence la perfection et l’accomplissement d’autre chose, il est une fin relativement à ce qu’il perfectionne ; et de là vient que tous ceux qui définissent correctement le bien placent dans sa notion quelque chose qui appartient à la relation de fin ; c’est pourquoi le Philosophe dit au premier livre de l’Éthique que « ceux qui disent que le bien est ce que toute chose recherche, l’ont très bien défini ».»

Évidemment, ce qui n’existe pas dans la réalité ne peut pas causer la perfection d’autre chose. Cette autre chose souffre ainsi d’une privation; les économistes disent qu’elle a un besoin.

Qu’est-ce que la valeur ? Le mot français «valeur» nous vient du mot latin «valor», lui-même venant du verbe «valere»; il a un cousin en «valide».

Que signifie «valere» ? Le dictionnaire Gaffiot nous répond : «être fort, vigoureux». Et, au mot «vale», qui est l’impératif de «valeo», il dit : «porte-toi bien !»

Évidemment, la santé est un bien ; la maladie est une privation de la santé ; et, on se porte bien lorsqu’on possède la santé puisque c’est alors qu’on est valide.

Ainsi, la valeur se présente comme l’effet propre de la cause qu’est le bien, lui qui cause la perfection d’autre chose par l’existence qu’il a dans la réalité.

Répondre à ce message
 
 Re: Du bien, de la privation du bien, et de la valeur
Auteur: Jacques Laroche 
Date:   03-06-2017 15:08

Il faudrait peut-être ajouter "l'ordre" dans les biens. Un bien dans la réalité, s'il est mal ordonné, doit-il quand même être considéré comm un bien?

Répondre à ce message
 
 Re: Du bien, de la privation du bien, et de la valeur
Auteur: Stagire 
Date:   03-06-2017 21:48

Cher Jacques Laroche,

Vous écrivez:
> Il faudrait peut-être ajouter "l'ordre" dans les biens. Un bien
> dans la réalité, s'il est mal ordonné, doit-il quand même être
> considéré comm un bien?

Il me semble que Thomas l'intègre à la définition:
«dans la mesure où un étant cause par son existence la perfection et l’accomplissement d’autre chose, il est une fin relativement à ce qu’il perfectionne».

Mais, peut-être songez-vous à l'ordre hiérarchique entre les biens.

Pouvez-vous développer ?

Cordialement

Répondre à ce message
 
 Re: Du bien, de la privation du bien, et de la valeur
Auteur: Zarbor Zarvaj 
Date:   03-06-2017 22:40

..



Message modifié (03-06-2017 22:45)

Répondre à ce message
 
 Re: Du bien, de la privation du bien, et de la valeur
Auteur: Jacques Laroche 
Date:   04-06-2017 14:16

Cher Stagire,

> Mais, peut-être songez-vous à l'ordre hiérarchique entre les biens.

Oui tout à fait. Nous sommes rarement face à un seul bien mais souvent en présence de plusieurs biens qui nous obligent à faire des choix. Considéré individuellement, ces biens sont tous une fin relative à ce qu'ils perfectionnent. Mais la réalité est que nous sommes constamment en présence de plusieurs biens, notre volonté sollicitée de toute part à faire des choix. Il me semble que l'ordre (hiérarchie des biens) doit être au coeur d'une approche du bien, de la privation du bien et de la valeur.

Cordialement

Répondre à ce message
 
 Re: Du bien, de la privation du bien, et de la valeur
Auteur: Stagire 
Date:   04-06-2017 17:37

Cher Jacques Laroche,

> Nous sommes rarement face à un seul bien mais
> souvent en présence de plusieurs biens qui nous obligent à
> faire des choix.

Vous avez parfaitement raison. Il est intéressant de relever votre «rarement» : les biens sont rares, disent les économistes, et ce, à titre de principe. Or, il me semble qu'il est un principe antérieur.

> Considéré individuellement, ces biens sont
> tous une fin relative à ce qu'ils perfectionnent. Mais la
> réalité est que nous sommes constamment en présence de
> plusieurs biens, notre volonté sollicitée de toute part à faire
> des choix.

Je dirais «spécifiquement» plutôt que «individuellement». Et je relève votre «ces biens sont tous une fin relative à ce qu'ils perfectionnent».

Autrement dit, tout bien est une fin relative à ce qu'il perfectionne. C'est l'énoncé même de la causalité finale. C'est le point qui a retenu mon attention. Comment ? En suivant la campagne électorale française -- il convient parfois de se distraire -- j'ai observé que des candidats en appelaient souvent à leurs «valeurs» : valeurs de la république, valeurs de la droite (ou de la gauche), droite dite des valeurs, etc. La question de la valeur, par opposition au prix, est aussi souvent évoqué par les économistes.

La valeur est l'effet du bien comme cause, et elle concerne le perfectible puisque cet effet arrive chez le perfectible.

> Il me semble que l'ordre (hiérarchie des biens) doit
> être au coeur d'une approche du bien, de la privation du bien
> et de la valeur.

Le problème de « l'ordre (hiérarchie des biens)» est-il «au coeur d'une approche...» ? C'est la question de la division du bien; elle est certes importante, mais elle vient après celle de la définition.

Ainsi, le perfectible l'est à l'égard de chacune de ses non-perfections, de ses privations, de ses maux.

Le problème se pose lorsque l'article 7 de la charte canadienne énonce : «7. Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu’en conformité avec les principes de justice fondamentale.»

On se demande s'il existe un ordre entre « la vie, la liberté et la sécurité de sa personne». Et, certains prétendent que non.

Pourtant, le mort ne peut pas avoir la liberté, ou la sécurité. Il en est de même de la liberté et de la sécurité.

Autrement dit, il existe bien un «ordre hiérarchique entre les biens» ici nommés.

Cordialement

P.S.: Votre adresse m'indique que vous êtes québécois : jplaroche@videotron.ca
De quelle région êtes-vous, si je peux me permettre ?

Répondre à ce message
 
 Re: Du bien, de la privation du bien, et de la valeur
Auteur: Stagire 
Date:   04-06-2017 17:38

Cher Zarbor Zarvaj,

> ..

Pourquoi seulement deux points ? Pourquoi pas trois ?

;-)

Répondre à ce message
 
 Re: Du bien, de la privation du bien, et de la valeur
Auteur: Zarbor Zarvaj 
Date:   04-06-2017 22:28

Cher Gilles,

J'ai supprimé une intervention intempestive.

Bien à vous.

Répondre à ce message
 Liste des forums  |  Vue en arborescence   Nouveau sujet  |  Anciens sujets 


 Liste des forums  |  Besoin d'un identifiant ? Enregistrez-vous ici 
 Connexion
 Nom utilisateur:
 Mot de passe:
 Retenir mon login:
   
 Mot de passe oublié ?
Veuillez saisir votre adresse e-mail ou votre identifiant ci-dessous, et un nouveau mot de passe sera envoyé à l'e-mail associé à votre profil.
Page sans titre