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 Edesse
Auteur: Epsilon/2 
Date:   19-12-2010 12:30

Bonjours à tous.

Bon ... allons y !!!

C’est long … voire même très long (et donc volontairement réduit notamment dans la troisième partie) aussi prenez votre temps.

Il y aura trois parties … dont chacune ferra l'objet de plusieurs messages à une fréquence variable n’excédant pas qcq jours (sauf pour la fête de Noël) … à savoir :

a) l'Histoire ... qui est assez complet,

b) le Syriaque ... qui lui aussi est assez complet,

c) le Christianisme à Edesse ... partie, qui bien que la plus longue, est loin (très loin) d'être terminée mais bon il faut bien finir un jour.


Bonne lecture, Epsilon



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 Edesse Histoire (1/3)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   19-12-2010 12:33

Géographie

Edesse … « Orhai/Urhai » en araméen voire « Adme » à une époque plus tardive et actuellement « Urfa » ou « Sanliurfa » … tient son nom suite à sa refondation par Séleucos I en 303 ou 302 av JC … elle est située sur la « route de la soie » commençant des cotes Méditerranéenne et plus exactement d’Antioche, en passant par l’Euphrate, pour atteindre la ville Assyrienne de Nisibe et à partir de là poursuivre sa route jusqu’en Inde et en Chine.

Au Sud d’Edesse nous avons Harran, qui se trouve dans une plaine fertile, c’était le centre principal du dieu-Lune objet de culte et de pèlerinages, dieu Babylonien Sin qui initialement était implanté à la ville d’Ur … il y a ici un lien très ancien entre Ur et Harran dont l’auteur de Genèse en fait référence par le déplacement d’Abraham et de sa famille … c’est aussi à Harran que Nabonide est né, sa mère était une grande prêtresse du dieu-Lune, il ferra d’ailleurs reconstruire le temple de Sin vers 553 av JC … ce qui ne va pas sans lui poser de problème puisque l’empire Chaldéen était passé au dieu suprême Marduk … ce qui lui vaudra le titre de « roi fou de Babylone ».

Au Nord d’Edesse il y a le massif montagneux de l’Anatolie … la ville elle-même est traversée par la rivière Daisan que les Grecs appelait Scirtus (qui selon les chroniques syriaques provoqua plusieurs inondations : notamment en 201 ap JC, 302, 412, 524 et 743) … ainsi située sur une colline, et protégée par des montagnes des deux coté, elle permet d’apercevoir la plaine d’Harran … nous ne pouvons pas dire grand-chose sur Edesse avant sa fondation par Seleucos I sinon qu’étant sur la route de la soie et des épices venant de Chine elle devait jouer un rôle important … mais ce rôle, à cette époque, n’était pas plus important que celui d’Harran … Edesse prendra sa « revanche » sur Harran, grâce aux modifications apportées par Alexandre le Grand dans la technique guerrière, privilégiant les lieux assez élevé et escarpés leur donnant une valeur défensive les mettant à l’abri des attaques auxquelles les villes de la plaine ne pouvaient faire face … ainsi s’explique la disparition progressive d’Harran au profit d’Edesse.

Edesse ne prendra ttfois son essor qu’à partir de la mise en place de fortifications et le peuplement par les vétérans de l’armée … cette colonie grecque viendra se mixer avec une population locale composés d’Araméens, d’Arabes et de Perses … donnant ainsi à la citée une double culture grecque et sémitique.

Les Juifs étaient déjà présents dans la zone notamment à partir des déportations du roi Salmanazar V (en fait il s’agit de Sargon son frère et successeur) non loin de Harran (voir II Rois 17,5-6) et confirmé par des textes Assyriens … suite à quoi cette communauté n’a cessé de se renforcer … ses centres principaux se trouvent à Néhardéa, sur l’Euphrate, au nord de Babylone, à Séleucite du Tigre et à Ctésiphon … mais il existe aussi des communautés plus au Nord, à Edesse, à Nisibis, Nicéphorion et surtout à Doura-Europos.

Lors de la victoire d'Alexandre le Grand (336-323) sur les Perses, Urhai est occupée par une population araméenne … Seleucos I Nacator en 303/302 av JC reconstruit la ville et la rebaptisent Edesse … nous ne savons pas pourquoi le nom d’Edesse (nom d’une ancienne capitale Macédonienne) s’imposa mais les deux villes sont situées sur une colline et étaient entourées de nombreuses sources d’eau … d’ailleurs Antiochios IV Epiphane (175-164) la renomma très temporairement « Antioche par le Callirhoe » (en référence aux diverses sources qui se trouvent dans la ville et sa périphérie ce qui plus tard alimentera la légende du bassin d’Abraham).

Ainsi Edesse et sa région se trouvent, à l’époque gréco-romaine, à un carrefour géographique stratégique d’un coté nous avons les Parthes et les Perses et de l’autre le royaume Séleucides d’expression grecque … c’était en qcq sorte le lieu d’une synthèse entre les cultures grecque, sémitique et iranienne.

(à suivre)


Epsilon



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 Re: Edesse
Auteur: SAGRAMOR 
Date:   19-12-2010 21:35



Ah! Le voilà de retour....


"""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""

- "Adme",était le nom de la forteresse d'Urhai




- Plutôt que "période gréco-romaine",je préfère "période hellénistique",qui court de - 338 à - 31 AJC.

De - 31 à + 330 , "période romaine".

De 330 à 1453 , "période byzantine.



Bien à vous,Epsilon.

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 Re: Edesse
Auteur: Epsilon/2 
Date:   20-12-2010 08:12

Cher Sagramor

J'ai fait un oubli majeur dans mon message d'introduction ...

L'idée du Topo sur Edesse vient de la recherche des débuts du Syriaque ... aussi ce topo est limité d'une façon générale à l'époque de la royauté à Edesse ... avec, pour le Syriaque et le Christianisme, qcq incursions aux V-VI siècle.

Je vous invite donc à faire de même pour la "période Byzantine" et ceci d'une façon générale (non limitée à Edesse).


Cordialement, Epsilon



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 Re: Edesse Histoire (2/3)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   20-12-2010 08:52

La royauté

Entre le déclin des Séleucides notamment après la défaite d’Antiochos VII Sidetes, en 129 av JC, dans sa campagne contre les Parthes et l’arrivée des Romains Edesse saisie sa chance pour s’établir comme capitale d’un royaume indépendant l’Osrhoène … qui comportera notamment les villes : Carrhes/Harran, Nisibe, Rhesaena, Saroug, Singara/Sinjar, Zeugma etc.

Concrètement la ville était vassale de l’empire Parthes mais l’emprise des Arsacides n’a jamais était forte … d’autant plus qu’Edesse et sa région étaient trop proche de la frontière pour qu’elle soit complètement contrôlée … d’où une longue période de relative indépendance s’instaurera et qui sera renforcée suite à la défaite du général Romain Crassus contre les Parthes prés de Harran, en 53 av JC, faisant dans les 10.000 prisonniers et plus de 20.000 morts ce qui aura pour conséquente de rendre les Romains très anxieux au regard des Parthes (qui deviendront l’ennemi héréditaire) … Edesse et sa région serviront ainsi de zone tampon (zone libre) entre les deux super-puissances de l’époque.

A la fin de la période hellénistique soit en gros entre (200 av JC et 31 ap JC) … Edesse subit le sort de nombreuses villes/nations de la région … le règne des Séleucides se terminera en, 129 av JC, quand le Perse Shah Phraatès II tuera le dernier roi Séleucides à savoir Antiochos VII Sidete … suite à quoi l’émergence d’une dynasties locales pro-grecque verra le jour un peu partout ce qui sera le cas d’Edesse … la liste des rois est préservée dans une Chronique (vers fin du VIII siècle ap JC) en Syriaque du Pseudo-Dionysios de Tell-Mahre qui commence en 132 av JC pour se terminer en 775 ap JC.

Avec le déclin des Séleucides et peu avant l’arrivée des Romains Edesse, et sa région, saisit sa chance d’établir son indépendance … ce sera celle de la principauté d’Osrhoène ayant Edesse comme capitale qui aura un roi d’une dynastie locale celle des Aryu/Ariou (132-127) … puis la dynastie des Bakru (115-92) et surtout celle des Abgar (92-42) (11 princes en tout) entrecoupée par celle des Ma’nu qui a des liens de parenté avec les Abgar … si bien que le nom de « dynastie des Abgar » et partant de « province des Abgar » est parfaitement justifié vue l’importance numérique de leur souverains … à part qcq souverains d’origine Arménienne (voire Parthe) la plupart étaient Arabes dont Abgar lui-même et d’autres Nabatéens (mais rien n’est sûr pour ces derniers à cette époque de l’histoire).

On ne sait d’où viennent ces Arabes … les traditions rapportées par la chronique du Pseudo-Denys donnent comme ancêtre de la dynastie un certain Orhai b. Hewya (nom clairement éponyme) … mais le nom de la tribut est connue de Pline (HN 5,20,85) comme Orrei … il est beaucoup plus intéressant de noter que ces Arabes (que l’on ne saurait assimiler à des chefs de brigands) créent une principauté dans un village grecque, important relais du pouvoir royal séleucide (il y existe un atelier monétaire séleucide qui continue à fonctionner) et dont rien n’indique qu’elle ait été abandonnée par ses habitants grecs … et que la langue qui y domine n’est pas l’arabe, mais l’araméen Edessénien (Syriaque).

Les tombes, en dehors de la ville, étaient pour la plupart recouvertes de céramiques … le palace royal avaient des statues des rois … il y avait aussi un hippodrome, deux bains publics (un d’hiver et un d’été), les maisons construites de chaux et de pierres, un hôpital, un grenier à céréales, des églises et autour de la ville des hôtelleries, monastères … les Osrhoèniens étaient célèbres pour leur archers notamment le fils d’Abgar VIII de Grand (177-212).

Le symbole vestimentaire, des rois, résidait dans une tiare en soie les nobles et le clergé portaient aussi une tiare mais dénuée de diadème … il y avait aussi un vice-roi (sorte de prince héritier) comme second personnage de l’état à coté se rangeait un Arabarchos (chef des Arabes) dit aussi muhadra (terme iranien) … qui veillait à l’administration des tribus Arabes notamment celle de « chef des contingents arabes ».

Sumatar (60 Km au S-E d’Edesse) était le « siège du gouverneur des arabes » qui tiennent leur autorité du dieu-Lune (Sin) … 5 inscriptions syriaque se réfèrent aux « arabes » dont l’une est datée de 165 ap JC … Jan Rëtso écrit que ceci confirme la présence des arabes dans les environs d’Edesse à cette époque … confirmant la mention de Pline l’Ancien et de Tacite à ce sujet c’est d’ailleurs après la prise d’Edesse en 114 que Trajan reçut le surnom « d’Arabe » … le gouverneur des arabes était aussi membre de la famille royale d’Edesse ou étroitement liée à elle à … à ce titre Edesse n’était pas différentes d’autres villes comme Palmyre, ou Hatra dont la population était majoritairement des nomades rabes.

Il y avait aussi des sharrirè ou confidents du roi qui, parmi d’autres attributions, avaient celle de veiller à la rédaction et à la conservation des actes officiels dans les archives … celles d’Edesse étaient particulièrement bien tenues … les actes et mémoires qui s’y trouvaient rassemblés ont été mis en contribution, entre autres, par Eusèbe dans son Histoire Ecclésiastique dans les chapitres relatif à l’établissement du christianisme.

(à suivre)


Epsilon



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 Re: Edesse
Auteur: SAGRAMOR 
Date:   20-12-2010 16:41



Bien Cher Epsilon,


Maintenant que vous êtes revenu...il vous sera beaucoup pardonné.


______________________________________________________________


Plutôt que ville-nation,cité-Etat,qu'en pensez-vous?


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Votre sujet est difficile et vous le conduisez avec un certain brio didactique,soyez-en remercié.



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Souffrez toutefois que je m'insurge contre des thèses du type "bureau colonial" de sa Gracieuse Majesté,que colportent Jan Retsô et consorts.

En effet,ses concepts "d'Arabes" et de "Civilisation du chameau domestique",hérités des Lawrence et Philby,si elles fonctionnent à merveille pour le renseignement militaire , sont déformantes dans les sciences auxiliaires de l'histoire.

Pour le moment,ne faisons pas débat de cela.


Bonne continuation.



Bien à vous,Epsilon.

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 Re: Edesse Histoire (3/3)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   21-12-2010 07:18

Chronologie

Trajan fut le premier à surmonter « le syndrome Parthes » causé par la défaite de Crassus il osa traverser l’Euphrate avec son armée … durant la campagne de Trajan le roi d’Edesse était Abgar VII (109-116 ap JC) dans un premier temps il fit alliance avec Trajan mais après, 116 ap JC, il prit fait et cause pour les Parthes … Trajan envoya son général Lusius Quietus pour mâter la rébellion … ce dernier pris, et détruit/rasa jusqu’aux fondations, Edesse et mis mort Abgar VII … Hadrien le remplaça par un client, Parthamaspatès, qui régna près de quatre ans avec un certain Yalud ou Yalur.

Mais dès 122 un Abgaride, Ma’nu VII bar Izatès, retrouva le trône d’Edesse … une rencontre entre Hadrien et le roi Parthes sur une île de l’Euphrate … en juin 123, permis de s’assurer que la paix était garantie.

Lucius Vérus, chargé de conduire l’expédition contre les Parthes, choisit de rassembler ses troupes à Antioche, où il n’arriva pas avant 162 ou 163 … or, en 162 les Parthes envahissent le nord de la Mésopotamie … ils déposèrent le roi d’Edesse Ma’nu VIII (139-177) et mirent sur le trône un vassal Wa’el bar Sahru … Rome réagit rapidement (montrant l’importance stratégique d’Edesse en tant que porte de la Syrie du Nord) avec Lucius Verus, co-empereur, qui amena sa légion dans une victorieuse campagne … Wa’el bar Sahru fur dépossédé et Manu VIII, qui avait trouvé refuge chez les Romains, réinstallé sur son trône.

Après cette victoire, les liens avec la principauté d’Edesse furent renforcés … Ma’nu VIII émit en témoignage de reconnaissance et d’allégeance un monnayage à l’effigie de la famille impériale romaine, avec la légende grecque : « basileus Mannos philorhômaois » … pour assurer le contrôle du royaume tout entier, son fils Abgar (le futur Abgar VIII le Grand) fut nommé gouverneur du Sumatar Harabesi (conformément à la tradition).

Septime Sévère (193-211) mena deux campagnes contre les Parthes en 195 et 197 … durant cette dernière il annexa l’ Osrhoène (195) en créant une nouvelle province et un procurateur romain fut mis en place dont nous ne connaissons pas son lieu de résidence … mais ce n’était pas à Edesse, puisque Abgar VIII gardera son trône sur la ville jusqu’à sa mort en 212 … à cette occasion il adopta le nom de Luvius Aelius Aurelius Septimius Abgar … cet Abgar qui régna de 177 à 212 et aussi surnommé « Abgar le Gand » … faisant cause avec Rome contre les Parthes et suite à la défaite de ces derniers en 197-198 il se verra attribué le titre de « roi des rois » et visitera Rome en 204 ou il sera reçu avec fastes … sous son règne Edesse avait un statut « d’Athènes de l’Est » … sa cours était peuplé de plusieurs intellectuels incluant des philosophes proches des Stoïciens notamment Bardesan.

Caracalla (211-217) en 213 appela le Roi Abgar IX Severus et son fils à Rome et les tua et Edesse fut transformée en colonie romaine … bien que la royauté ne s’arrêta pas immédiatement car l’héritier du trône, Ma’nu, gardait titre de « prince héritier » (pasgriba) laissant entendre que Rome, si besoin, n’était pas contre une restauration.

En avril 217 l’empereur Caracalla meurt en dehors des murs de la ville d’Edesse tandis qu’il était en chemin vers le temple du dieu-Lune d’Harran … le nouvel empereur Macrin subit sous les murs de Nisibis une cinglante défaite en 217 … mais moyennant une indemnité de 50 millions de deniers, les Parthes consentirent néanmoins à évacuer toute la Mésopotamie … Rome, pour la première fois, avait payé pour conserver un lambeau de l’Empire.

La restauration dynastique intervint de fait en 239 au profit du fils de Ma’nu, L. Aelius Aurelius Septimius Abgar (X), qui semble s’être installé dans une nouvelle capitale … la « Nouvelle Karkä d-Sïdä du roi Abgar », c’est-à-dire en réalité Batnai d’Anthémousia, nommée aussi Marcopolis en l’honneur de Gordien III (ou Saroug en syriaque donnant de nos jours Saruç) … Gordien rendait ainsi l’ Osrhoène aux Abgarides, peut-être pour faire fasse aux troupes sassanides parvenues l’année précédente devant Carrhai.

Mais cette restauration fut éphémère : avant même que la contre offensive romaine n’ait débuté (fin 242 printemps 243) … Abgard (X) disparut et Edesse retrouva son statut de colonie, dirigée par deux stratèges sous l’autorité d’un résident romain … l’ancienne polis échappait au gouvernement monarchique qu’elle connaissait depuis trois siècle, pour retrouver une administration municipale … la royauté prendra définitivement fin avec le règne des sassanides, en 260-262 ap JC, lors de la marche du Shah Shapur I vers la mer Méditerranée … mais l’histoire d’Edesse ne s’arrêta pas pour autant car son « destin » dépassa largement son importance stratégique … la « ville bénie » devint la capitale du Christianisme de langue syriaque, dont les Evêques, moines, exégètes, poètes, théologiens ont été, jusqu’à nos jours encore, au cœur de l’histoire du PO.

Ainsi la renommée historique d’Edesse, et notamment du syriaque par la suite, tient au fait que ce fut le première royaume à se rallier au christianisme en tant que religion officielle vers 150 ap JC sous Abgar IX.

(fin première partie)


Epsilon



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 Syriaque (1/4)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   22-12-2010 08:01

Le grec en Syrie

Bien après la fin de l’Empire Achéménide l’araméen d’Empire qui était la « lingua franca » n’avait plus de soutient et se devait de disparaître … ce qui en est resté étaient les dialectes araméens locaux dans chaque région où l'araméen a été parlé en tant que langue vernaculaire … graduellement ces dialectes locaux ont été transformés en langues littéraires ou officielles … le comment ceci a fonctionné dans la pratique est fonction des circonstances locales … mais dans les villes Séleucide, dont Edesse, le grec est devenu la langue officielle de l’administration.

Ainsi en Syrie la prédominance du grec ne fait aucun doute … le fait que l’araméen, parlé par le plus grand nombre, disparaisse pratiquement de l’écrit monumental … en dehors de milieu comme Edesse, Palmyre voire à Pétra … montre à l’évidence que le fait d’écrire en grec parait tout à fait naturel.

Au point que le grec a pu faire reculer le latin de manière inattendue … ainsi le passage du latin au grec sur les légendes monétaires des monnaies d’Antioche à partir de Trajan peut surprendre … de même à l’époque sévérienne ou du III siècle, nombre de colonies, ne prirent même pas la peine d’utiliser le latin sur leur monnayage, comme c’est pourtant la règle … pour ce qui concerner Edesse elle ne possédait de monnayage qu’à légendes grecques … à sens inverse le latin laisse son empreinte sur le grec qui adopte certains mots sans les traduire (colon, colonie, ou les titres administratifs) ce qui est bien peu de chose.

(à suivre … pour lundi)


Joyeux Noël, Epsilon



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 Re: Syriaque (2/4)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   27-12-2010 08:07

Le syriaque

L’araméen Edessénien est communément désigné sous le nom de syriaque … il est peu probable qu’il émerge dés la reconstruction d’Edesse par les Séleucides peut-être dés le début de la royauté à Edesse notamment de la dynastie des Abgar … c’est donc une langue « royale » qui émergera avec la royauté à Edesse mais ne se terminera pas avec elle.

Le grec reste la langue officielle de la cour et de l’administration même si nous n’en avons que peu de trace … l’émergence de ce dialecte araméen, qui deviendra le Syriaque, aurait aussi peu rester qu’un dialecte uniquement parlé sans être transformé en langue écrite ce qui ne se ferra que sur le tard au tournant de notre ère.

Son développement en tant que langue écrite sera, sans ttfois faire concurrence au grec, dans un premier temps pour la mise sous écrit de manuscrits initialement en araméen … il convient, cependant, de parler de « syriaque classique » et de « vieux syriaque » ou « proto syriaque ».

La notion de « proto/vieux syriaque » (il semblerait qu’il y ait au moins deux variétés) viendrait du fait que la langue, à ses débuts, n’incorpore pas encore des « matériaux/expressions » chrétiens … c’est donc, à l’origine, un dialecte pouvant être qualifié de pré-chrétien … il existe des inscriptions/parchemins (qui n’ont rien de chrétiens) dont les dates s’étalent de 6 ap JC jusqu’à 243 ap JC … ce qui permet de dire que l’environnement/naissance du syriaque est le paganisme.

La transformation de ce « proto syriaque » en une langue prestigieuse que deviendra le syriaque est remarquable … car à partir du III siècle ap JC, il émergera de son cadre « administratif » pour devenir le support de toutes une littérature de l’Eglise d’Edesse il sera nommé la « langue classique » d’Edesse ou la « syriaque classique » (in fine le syriaque tout court) … il servira aussi de langue de communication et de diffusion culturelle pour les Arabes (et dans une moindre mesure pour les Perses) … avant d’être surplanté par l’arabe à la fin du VII siècle cela se ferra en « douceur » … l'usage de l'arabe se répandra dans les villes et progressivement le syriaque sera cantonné dans des contrées toujours plus reculées … vers la fin du Moyen Âge, le syriaque commence à disparaître.

Quand l’écriture arabe a commencé à s'imposer dans le Croissant fertile, les chrétiens ont commencé par l’écrire avec des caractères syriaques … ces écrits sont appelés Karshuni ou Garshuni.

Le syriaque, comme l'arabe ou l'hébreu, est écrit de droite à gauche … c'est une écriture cursive, avec quelques lettres rattachées les unes aux autres … l'alphabet comporte 22 lettres, qui sont toutes des consonnes … le son des voyelles doit être connu du lecteur ou précisé par l'usage de diacritiques.

Le syriaque permet donc à l’araméen, dés le II siècle, d’opérer une véritable « renaissance » littéraire … dont le plus anciens témoins serait la lettre de Mara bar Sarapion de Samonaste, que l’on peut dater qcq part entre l’annexion de Samonastre en 72 et le III siècle … mais c’est Edesse qui apparaît comme le principal foyer de la culture syriaque, avec notamment Bardessan (154-222), philosophe, auteur d’hymnes chrétiens et véritable fondateur de la poésie syriaque … son nom signifie « fils du Daisan » nom du fleuve qui traverse Edesse … son œuvre considérable est largement perdue, à l’exception du « Livre des lois et des pays », sans doute rédigée par un élève, mais fidèle reflet de la pensée du maître.

Le/un « syriaque » deviendra à terme le nom des Araméens chrétiens (suryân en arabe) que l’on trouvera un peu partout dans le Croissant fertile … et dont la langue littéraire est, depuis leur conversion au christianisme, le parler araméen d’Edesse, autrement dit le syriaque (suryâniyya en arabe).

D’un point de vue linguistique les « syriaques » se répartissent en deux groupes : syriaques orientaux et syriaques occidentaux … d’un point de vue ecclésiastique nous avons trois confessions : nestoriens, jacobites et maronites … les melkites (malgré que ce soit un nom dérivé du syriaque) sont des araméens hellénisés (se disant byzantins) ne font pas partis à proprement parlé des syriaques.

(à suivre)


Epsilon



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 Re: Edesse
Auteur: SAGRAMOR 
Date:   27-12-2010 17:17



Cher Epsilon,

C'est bien,d'autant que le sujet est difficile.

Aussi,je vous décerne un satisfecit "académique" pour l'exercice perilleux que vous venez de traiter.


__ Merci.


______________________________________________________________
______________________________________________________________

Trés Cher Epsilon,

Souffrez (1) que je profite de votre labeur pour faire entendre une autre voix,car l'histoire de la Terre Sainte nous a été occultée par des entreprises de reconstruction de genèse et des jeux de pouvoir.


- 1 - Des Syriaques

Le monde syriaque englobe historiquement la Syrie,le Liban,la Jordanie,Israêl et l'Iraq actuels,ainsi qu'une partie de la Turquie,l'Arabie Saoudite,l'Iran et de l'Egypte.

La langue syriaque s'est édifiée aprés la conquête d'Alexandre sur la décomposition de l'Araméen , qui était l'une des langues majeures de l'administration de l'Empire Perse.

- OCCULTATION: Ce sont les Syriaques qui ont donné toutes ses bases fondatrices à l'islam omeyyade (Damas),puis abbasside (Bagdad),jusqu'à la répression des Mutazilites en 1150,qui referma la civilisation musulmane sur elle-même,stoppa le progrés,la recherche et l'esprit critique,ainsi que toute évolution de la langue arabe.

- OCCULTATION: Il revient aux Syriaques d'avoir traduit et ressuscité les auteurs grecs en langue syriaque dans un premier temps,puis en Arabe.


Je ne reviens pas,Cher Epsilon,sur ma conviction de civilisation syriaque,du fait qu'il n'y a jamais eu d'Etat syriaque.



- 2 - Des races.

Laissons-nous aller à une vaste simplification:

Ethnologiquement,nous avons un monde sémitique bordé de mondes égyptien,perse,caucasien et grec.

Avec la conquête d'Alexandre nous avons une pénétration macédonienne fusionnelle,Cléopâtre est une Lagide,reine d'Egypte appartenant à une dynastie macédonienne.

Avec le Khalifat omeyyade,puis abbasside nous avons une inculturation linguistique et religieuse par la civilisation arabo-musulmane.

Avec les conquêtes militaires seldjoukides,puis ottomanes nous avons un régime de cohabitation religieuse stabilisée.


- OCCULTATION:Phéniciens,Juifs,araméens,Nabatéens,Syriaques sont des Sémites,mais ne sont pas ethniquement des Arabes.

L'arabisation est une recouverture religieuse et linguistique,comme l'américanisation est une recouverture culturelle et en partie linguistique.


- 3 - Les Melkites.


__ ( à suivre...) __


(1) Je ne marque pas une opposition,je vous propose un enrichissement de votre thèse.

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 Re: Edesse
Auteur: Epsilon/2 
Date:   28-12-2010 09:21

Cher Sagramor

Je vous répondrais ultérieurement ...


Cordialement, Epsilon



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 Syriaque (3/4)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   28-12-2010 09:26

L’impact du grec à Edesse dans le syriaque préchrétien.

Il n’est pas facile de savoir jusqu’où la langue grecque était utilisée à Edesse … la ville ayant été fondée comme une colonie militaire grecque avec un certain nombre de personnes d’origine grecque qui devait être assez signifiant même à une période tardive … le manque d’inscriptions durant la période Hellénistique rend spéculative toute interprétation … ttfois le fait qu’il n’existe que peu de « matériaux » avant l’an 165 ap JC quand l’emprise des Romains sur Edesse devint plus forte … semble suggérer qu’Edesse n’était pas aussi Hellénisée qu’on pourrait le penser ou du moins le prévoir.

Les données archéologiques sont peu nombreuses ne permettant pas d’avoir un avis exclusif dans un sens ou dans l’autre.

La présence d’emprunts grecs dans les inscriptions et les parchemins (21 témoins connus à ce jour) en « vieux » syriaque serait en général un indicateur de l'influence culturelle grecque à l’époque préchrétienne.

Ttfois 17 (sur les 21) apparaissent seulement dans les parchemins légaux, presque tous dans le cadre des formules d'introduction de datation, et c’est fort surprenant de les trouver utiliser, puisque ces textes sont de l’an 240 (et suivants) ap JC ou le contexte légal était Romain … les autres témoins, dont deux sont aussi des textes légaux, en syriaque sont ici « romanisés » vraisemblablement parce que leur contenu légal pourrait devoir être défendu dans une cour romaine.

Ainsi tous les emprunts grecs connus, à ce jour, peuvent facilement être expliqués en raison de l'utilisation dans un contexte légal et administratif grec et même romain.

Ce qu’il faut souligner c’est que la « pauvreté » des témoins de cet inventaire linguistique d’expression grecque … suggère que l'aspect des mots grecs utilisés à Edesse soit la plupart du temps relié à une forme de « romanisation » des termes … ceci avant que les inscriptions en syriaque soient définitivement exemptes de mots grecs donc au-delà du III siècle ap JC … mais nous ne pouvons exclure, bien au contraire, l’influence du grec sur les mots (voire la grammaire) syriaque … ainsi que la connaissance et donc l’usage de thèmes liés à la mythologie et à la littérature grecque.

Une des deux mosaïque d’Orphée trouvée à Edesse (l’autre provenant de Philippolis d’Arabie) … a un style, et un graphique épuré, et elle porte une dédicace en syriaque datée de 227-228 … or à Edesse, les mosaïques ont un usage strictement funéraire, ainsi une même culture partagée, un même répertoire d’images, mais sans que l’on puisse affirmer qu’ils en font le même usage … Orphée, dans la tombe d’Edesse, peut-être le symbole de la vie dans l’au-delà, voire de l’espérance d’une résurrection, mais personne ne peut dire si le propriétaire de la tombe est chrétien, juif ou païen … une autre mosaïque datant de 235-236 porte l’image du Phénix et renvoie aux mêmes espérances.

Ainsi le fond culturel de l'apparition de syriaque, en tant que langue littéraire, est plus à rechercher du coté de la tradition sémitique que de celle de la Grèce … la langue préchrétienne d’Edesse a adoré les divinités locales tels que : le dieu-Lune (Sin), le dieu-des-Cieux (Baalshamin / Baal Shamen), le dieu-Soleil (Shamash), le dieu-des-Oracles-Sagesse-Ecriture (Nebo / Nabu) et Bel, et non les dieux grecs … et a utilisé un art qui bien qu’ayant qcq motifs gréco-romains n’en est pas moins fortement marqué par la culture locale.

Une autre preuve que le grec à Edesse n’était pas tellement en vogue c’est … contrairement à Antioche … le besoin de traduire la Bible en Syriaque et ne pas se contenter de la version grecque de la Septante … à tel point que le « besoin » (et partant son approfondissement) du syriaque en tant que véhicule de la pensé théologique/religieuse émanant d’Edesse peut être perçu comme une réaction à la prédominance du grec sans ttfois en exagérer l’ampleur … ainsi si nous prenons l’exemple de Bardesan il connaît les deux langues, envoie son fils Harmonios étudier à Athènes, ce qui ne l’empêche pas de revenir à Edesse pour composer des hymnes en syriaque.

A bien des égards, la philosophie et la théologie qui se développent à Edesse aux II et III siècle ne sont qu’un rameau de ce qui se fait à la même époque à Antioche … et Edesse, cette « Athènes de l’Orient », peut se targuer d’être le centre de la culture grecque habillée à la syriaque.

C’est donc le Christianisme qui a donné au syriaque le prestige que nous lui connaissons actuellement et qui lui permettra de concurrencer le grec dans ce domaine … et nous pouvons dire qu’avant cette époque soit le II-III siècle ap JC l’existence du syriaque en tant que langue littéraire n’est absolument pas évident.

(à suivre)


Epsilon



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 Syriaque (4/4)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   29-12-2010 07:59

Ecole des Perses

Edesse abrita la fameuse « Ecole des Perses » nom qui fut donné en 363-364 (sous Jovien) ap JC à l’ancienne « Ecole Théologique » qui existait dés le III siècle ap JC … c’est la première école destinée à former les chrétiens en théologie, en philosophie et en sciences … chaque année les missionnaires issus de l’école partaient dans toutes les régions de Perse et d’Asie pour y créer des églises, écoles et hôpitaux … elle sera fermée/détruite par l’empereur byzantin Zénon (475-491) en 489 pour nestorianisme ses adeptes iront à Nisibe (alors dans l’empire sassanide) pour y fonder une nouvelle école ceci jusqu’au VII siècle … étaient enseignés, à Edesse, les œuvres de Théodore de Mopsueste (d’Antioche), Diodore de Tarse et Théodoret de Cyr … Nestorius y était lu et étudié.

C’est à cette école, dés le III jusqu’à la fin du V siècle (mais plus vers la fin qu’en ses débuts), que beaucoup d'ouvrages antiques (de médecine, de philosophie, de sciences naturelles et ésotériques) ont été traduits du grec en syriaques … il semblerait que c’est le philosophe syrien Probus qui soit le premier traducteur d'oeuvres grecques (notamment : les Premiers Analytiques d’Aristote) en syriaque dont le nom nous soit parvenu … d’autres suivront comme : Koumi, Ibas (évêque d’Edesse en 435-457) et bien d’autres après la fermeture de l’école mais en d’autres endroits qu’à Edesse … car c’est le VI siècle qui marquera en qcqsorte l’apogée de la littérature syriaque … même si certains écrits relatent des fait antérieurs à cette époque (par ex : la Chronique d’Edesse etc etc).

C’est une véritable « tradition » avec filiation de maîtres à élèves qui s’instaura … tant dans l’utilisation du syriaque comme langue littéraire que dans l’étude de certaines disciplines (Théologie, Philosophie, Logique, Grammaire voire dans une moindre mesure les Sciences exactes)

A partir de là Edesse et son « école » sera le centre d’une culture qui s’exprimera surtout dans la langue syriaque (nous trouvons qcq inscriptions funéraires qui subsistent à cette époque en : hébreu, grec et palmyrénien) … et qui sera appelé à devenir l’instrument de diffusion du Christianisme en Asie Centrale et en Chine avant donc les Jésuites et les Lazaristes.

(fin deuxième partie)

(à suivre)


Epsilon



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 Re: Edesse
Auteur: Epsilon/2 
Date:   29-12-2010 22:04

Cher Sagramor

J’aimerais, autant que possible, que l’on reste dans le cadre strict du topo … donc à Edesse à l’époque de la royauté.

Donc dire « Ce sont les Syriaques qui ont donné toutes ses bases fondatrices à l'islam omeyyade (Damas), puis abbasside (Bagdad), jusqu'à la répression des Mutazilites en 1150 » … est hors sujet ... ceci dit je renouvelle mon souhait que vous poursuiviez ce topo à des époques plus récentes.

Vous dites : « Il revient aux Syriaques d'avoir traduit et ressuscité les auteurs grecs en langue syriaque dans un premier temps, puis en Arabe » … tout à fait du moins « certains auteurs/écrits » et non pas « les auteurs » pouvant être compris au sens de tous les auteurs/écrits grecs.

Une petite parenthèse, pour la suite, s’il y a traduction (du grec au syriaque) il y a usage ... de même pour le passage (qui est plus simple) du syriaque à l’arabe … faut’il donner une mention plus forte au « traducteur » ou à celui/ceux qui en font « usage » !!!

Vous dites : « Phéniciens, Juifs, araméens, Nabatéens, Syriaques sont des Sémites, mais ne sont pas ethniquement des Arabes »

Bon on entre dans la « complexité » ouvrant la porte à la « polémique » … je ne suis pas certain que nous avons la même définition des termes « sémite » et « arabe » et LA question est de savoir si un Arabe est un Sémite ???

D’autre part si vous arrivez à définir l’origine des peuples dits « sémites » alors là chapeau bas !!! pour ce qui concerne plus spécialement les « phéniciens » … dont le nom grec signifie « peuple des palmiers » c’est, à l’origine, un « peuple du désert » venus sans doute de l’Arabie (via la Mésopotamie et la Syrie du Nord en passant probablement par Canaan) ceci vers le III millénaire.


Cordialement, Epsilon



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 Re: Edesse
Auteur: SAGRAMOR 
Date:   30-12-2010 00:37



Cher Epsilon,

D'accord,l'Edesse royale.


______________________________________________________________

Phénicie: l'origine peut-être effectivement le palmier,mais une variété d'espèce particulière qui est le palmier-dattier.

Mais encore,un oiseau fabuleux,une lyre de ce pays,la pourpre.

_______________________________________________________________

L'apparition du mot "sémite" remonte à 1781,nous la devons à un orientaliste allemand, Schlôzel,pour désigner des langues dont la parenté est attestée par les docteurs juifs du Moyen Age:Hébreu,Araméen et Arabe.

Leur référentiel est le tableau des peuples de la Genèse.




Puis,vint la classement des langues sémitiques dans la famille Chamito-sémitique,devenue aujourd'hui famille de langues afro-asiatiques,avec:

- l'Akkadien

- Le Phénicien

- l'Hébreu

- l'Araméen

- l'Arabe

- l'Amharique

Le problème n'est pas de définir l'origine des peuples sémitiques,mais de reconstituer leur histoire.


Bien à vous.

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 Re: Edesse
Auteur: Epsilon/2 
Date:   30-12-2010 09:43

Cher Sagramor

Effectivement en Gn (10,25) nous avons Sem comme ascendant de Yoqtan … ce dernier nom a été rapproché de l’arabe Qahtan … qui est l’ancêtre des Arabes du Sud.

Mais bon tout cela ne signifie pas grand-chose … disons que dans la coutume est dit « sémite » un peuple ayant parlé une langue dite « sémitique » … ce qui est le cas de l’arabe.

Donc si on en reste à la définition même des termes un Arabe est un Sémite.


Cordialement, Epsilon



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 Christianisme à Edesse (1/3)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   30-12-2010 09:49

Survol historique

L’exercice, ici, est franchement difficile pour départager la réalité de la légende sans compter le fait que très vite Edesse fut au centre (du moins à ses débuts) des controverses anti-manichéennes puis monophysites … et au regard de l’Occident ces querelles, sur les deux natures du Christ, viendront jeter un voile d’oubli sur cette littérature Orientale (et notamment syriaque) … aussi je n’en ferrais qu’un bref survol avec une étude détaillée d’un apocryphe fondateur et accessoirement d’un autre pour l’ami Olivier.

Comme nous l’avons vu les cultes païens sont multiples à Edesse … certain sont ancien comme par exemple le culte au dieu-lune qui se perpétua à Sumatar Harabesi au II siècle ap JC et qui restera exactement semblable à ce qu’il était au temps de Nabonide un millénaire plus tôt.

Ttfois ce sont les cultes de Bel et de Nébo qui représentent l’essentiel des croyances et qui subsisteront aux débuts du Christianisme … et ceci jusqu’au début de la période musulmane.

Nous ne savons pas exactement d’où émerge les premiers Chrétiens à Edesse … certains parlent des Juifs du royaume d’Adiabenne et d’autres parlent de chrétiens en provenance d’Antioche.

Ce qui est certain c’est que dés le II siècle, au temps de l’empereur Sévère (193-211), il y avait une importante communauté Chrétienne (y compris les Marcionistes) à Edesse rassemblée autour d’une Eglise au sein même de la ville … nous avons comme source, entre autre, la Chronique d’Edesse faite en 540 à partir des « archives » de la cité … qui fait mention lors de l’inondation à Edesse en 201 de : « Elles [les eaux] endommagèrent aussi le sanctuaire de l’église des Chrétiens » … montrant ainsi l’existence d’une église en 201.

Ttfois le premier évêque (et donc le hiérarchie de l’Eglise) d’Edesse Qûna ne sera pas en place avant le tout début du IV siècle (indication de la Chronique de l’archiviste d’Edesse) … bien que la Chronique de Michel le Syrien, dans le récit de l’enfance de Bardesan, explique que le jeune homme fut séduit par le christianisme en passant devant une église d’Edesse où l’évêque Hystaspe expliquait les Ecritures saintes.

Le personnage qui semble le plus représentatif du christianisme proprement Edessénien est Bardesan (154-222) … né dans une famille de la noblesse Parthe devenu chrétien en 179 par l’évêque Hystaspe (selon la chronique de Michel le Syrien) … il reçut à la cour du roi d’Edesse une solide culture hellénique et assimila l’astrologie chaldéenne et les connaissances cosmologiques qu’il intègrera dans son système de pensée … il écrivit en syriaque mais est parfaitement au courant de la pensée philosophique grecque … on le connaît par des citations et par les attaques de ses ennemis (saint Ephrem notamment) … dans le célèbre ouvrage « livre des lois des pays » il s’efforce de montrer que l’homme n’est pas entièrement soumis au destin régi par les astres, car en lui l’esprit vient de Dieu et il est principe de liberté.

Il faut prendre conscience que c’était un christianisme très diversifié touché par ses multiples facettes ainsi … en 140 nous avons le schisme de Marion (qui rejetait l’AT) … en 239 la naissance de Mani (qui sera à l’origine du Manichéisme) … puis Tatien auteur d’une « Harmonie des quatre évangiles en un seul » en syriaque le fameux « Diatessaron » … nous avons aussi Nestorius etc etc … ce christianisme était donc éclaté en une nébuleuse de mouvements sectaires … et c’est autour du IV-V siècle que s’opèrera la distinction entre l’orthodoxie et l’hérésie (notamment après le Concile de Chalcédoine 451).

Mais c’est aussi à Edesse que s’élabore l’offensive contre les Marcionites, bien présents dans la ville, dont témoignent aussi bien l’œuvre de Bardasan que des « Odes de Salomon » au débuts du III siècle.

Dans ce climat d’émulation intellectuelle et de compétitions s’élaborent les hymnes manichéennes connus dans une version copte, mais dont l’origine est sans doute édessénienne … Mani, né en 216, prône un système religieux dualiste hérité en partie du zoroastrisme perse (il est lui-même apparenté à l’ancienne famille arsacide) … il considère que le principe du Mal coexiste avec celui du Bien de toute éternité et que le monde voit s’affronter forces du Mal et forces du Bien.

Dans cette communauté chrétienne bouillonnante de discussions, les hérésies font leur chemin, tels les Quqites qui empruntent à Bardessan sa cosmologie tout en entretenant d’étroits liens intellectuels avec les judéo-chrétiens et avec les gnostiques.

A partir du IV siècle commença toute une littérature Syrienne chrétienne avec … Aphraate (mort vers 345) le Sage persan, saint Ephrem (mort vers 373), Narsaï (mort en 503), Jacques de Saroug (mort en 521), Philoxène de Mabboug (mort vers 523) … etc etc

Ainsi face à Antioche la grecque (centre du pouvoir impérial en Orient) Edesse fait figure de capital du christianisme araméen … c’est là que se traduit la Bible syriaque (Peshitta), permettant aux chrétiens araméens de se démarquer de la Septante et de la Bible juive et de ses paraphrases araméennes (les targums) … c’est là aussi que s’élabore les Actes de Juda Thomas, au début du III siècle, prônant un ascétisme vigoureux, dans la tradition de Tatien l’Assyrien … lui-même peut-être issu de la communauté d’Edesse.

(à suivre)


Epsilon



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 Christianisme à Edesse (2/3)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   30-12-2010 15:13

Doctrine de l’apôtre Addaï (abrégé Doctrine)

Le récit de la fondation de l’Eglise d’Edesse est légendaire … on le trouve dans un apocryphe chrétien la « Doctrine de l’apôtre Addaï » … dont Eusèbe de Césarée (Hist. Ecclé. I,13 ; II,1,6-7) en ferra l’écho (mais uniquement le premier état de cette légende) … via une « Chronique/archive d’Edesse » relatant l’histoire de Jésus avec le roi Abgar.

Selon ces récits … ce serait sous le Roi Abgar V Ukkama Bar Ma’nu qui régna deux fois (4 av JC à 7 ap JC puis de 13 à 50 ap JC) que le Christianisme aurait été prêché pour la première fois à Edesse par Addaï/Thaddée … dans la réalité il semble que ce soit sous Abgar IX (179-212) car c’est en 204 que ce roi se convertit au christianisme … suite à quoi le christianisme se développa autour d'Édesse et de nombreux monastères furent construits … il est aussi nommé « Christianisme syriaque » car d’expression syriaque.

L’élaboration de la Doctrine a dû être assez longue … on peut y voir, sur un fond de légendes du III siècle, un noyau originel de controverse antimanichéenne écrit au IV siècle, relu et réemployé dans la deuxième moitié du V siècle … à l’époque ou la ville est la capitale de la résistance antichalcédonienne … pour affirmer la légitimité apostolique des évêques monophysites d’Edesse.

Ainsi l’Eglise d’Edesse, dont le christianisme c’est progressivement formé à partir du III siècle, pour entrer au V siècle dans sa maturité, repense son origine pour l’ancrer dans la tradition apostolique.

La légende d’Edesse tient sa célébrité de ce qu’elle contient … une lettre du roi Abgar à Jésus, la réponse orale de ce dernier et la première mention littéraire du portrait du Seigneur conservé à Edesse … le succès de ce petit récit fut tel qu’il se diffusa en grec, en latin, en araméen, en géorgien, en copte, en éthiopien, en slave, en arabe, en persan, en roumain, en vieil irlandais … d’autre part, alors qu’à l’origine on n’avait qu’une seule lettre d’Abgar, on passa à une correspondance et à une réponse écrite de Jésus au roi.

Portrait de Jésus

L’icône d’Edesse (qui n’a rien, bien au contraire, de miraculeux) ferra l’objet de plusieurs développements littéraires … notamment dans les Actes grecs de Thaddée (nom grec de l’apôtre Addaï) … voir plus loin … qui ont une trame semblable, mais l’histoire du portrait du Christ y est miraculeuse … et picturaux, l’icône de l’encaustique du Sinaï, les peintures de Yougoslavie et le portrait de l’Escurial … et deviendra la source même « d’inspiration » sur l’authenticité du saint suaire de Turin (cher à notre ami Olivier).

Il est à noter, à ce propos, qu’au V siècle l’existence d’un portrait du Christ dans l’Eglise d’Eleuthéropolis a été supposée (voir Pseudo-Epiphane « Lettre à Jean de Jérusalem ») … dans ce cas, l’auteur de la Doctrine a peut-être récupéré cet élément au profit d’Edesse … il est a noter qu’Eusèbe ne parle pas de cette épisode du portrait.

Ainsi l’histoire du « portrait » tout comme celle de « l’invention de la Croix » devaient être des arguments en faveur du monophysisme … l’unique personne du Christ Dieu-homme a été visible de telle sorte qu’on a pu en peindre le portrait, et c’est bien elle qui a été crucifié en tant qu’homme et qui est ressuscité en tant que Dieu … quoi qu’il en soit, la présence littéraire du portrait et de l’histoire de la croix ne peut-être antérieure au V siècle.

L’invention de la Croix (au sens de découverte de relique) … ou histoire de Protonice [femme de Claude].

Le récit de l’invention de la croix distingue le Golgotha, le bois de la croix et le tombeau … en effet, le Golgotha ou Calvaire est le nom du lieu de la crucifixion depuis l’époque de Jésus … l’invention du Golgotha et du tombeau, grâce aux fouilles de l’évêque Macaire, a eu lieu sous Constantin qui ordonna aussitôt qu’on construise à côté une grande église (le Martyrium) solennellement consacrée le 13 septembre 335 … l’invention de la croix eut lieu plus tard, dans une autre grotte à proximité, toujours sous Constantin, d’après Cyrille de Jérusalem … qcq années après la construction du Martyrium un édifice (l’Anastasis) fut également élevé au-dessus du tombeau, et un baldaquin protégeait le Golgotha … par la suite, de nombreux remaniements ont modifiés les monuments et les ont intégré dans un vaste ensemble, le Saint-Sépulcre.

Dans les textes postérieurs, l’invention de la croix est attribuée à Hélène … elle est appelée « seconde invention de la croix » par les récits syriaques (l’invention par Protonice étant la première) … en effet, en syriaque, ces récits ont connu une diffusion autonome importante, parce qu’ils font partie des pièces utilisées dans les querelles christologiques … il est vraisemblable que le récit existait avant la finalisation de la Doctrine.

La Doctrine se présente comme une chronique, signée d’un certain Laboubna (§103), inconnu par ailleurs … d’une façon générale la chronique fut un genre fort prisé dans le monde Syriaque remontant à une très ancienne tradition Mésopotamienne (les archives royales ont joué de tout temps un grand rôle au PO) … la légende d’Abgar se situe délibérément dans cette continuité culturelle prestigieuse.

L’histoire se déroule le mercredi 12 avril 31, la veille de l’arrestation de Jésus … celui-ci se trouve chez Gamaliel (§3), personnage connu pour être intervenu en faveur des disciples (Act 5,34) … Jésus dispose alors d’une journée pour échapper (en répondant à l’invitation du roi d’Edesse) à ceux qui veulent sa mort … il s’agit ici d’Abgar V Oukama (Oukama signifie « noir », « bruni », « basané » ce surnom désigne un homme de peau foncé comme on en trouve dans certaines populations arabes … un développement grec de la légende d’Abgar l’a interprété comme le qualificatif d’un lépreux, précisant ainsi la maladie pour laquelle le roi fait appel à Jésus.

Il est vraisemblable que la Doctrine conserve à la fois deux traditions … l’une selon laquelle Jude Thaddée (l’apôtre appelé Lebbée dans certaines variantes de Mt (10,3) et Thaddée dans Mc (3,18)) aurait reçu la Syrie comme champ de mission … et l’autre, locale, attachée aux Actes d’Addaï et Mari (autre apocryphe syriaque oriental) pour qui ces deux apôtres sont les évangélisateurs de la Mésopotamie … signalons aussi qu’Addaï, l’apôtre associé au collège des douze, patronne plusieurs collections juridiques ecclésiastiques syriaques apocryphes appartenant à la Didascalie des apôtres (Œuvre d’un Syrien du début du III siècle).

Le personnage de Judas Thomas, qui envoie Addaï, est attesté par Eusèbe (I,13,11) et dans les Actes de Thomas … la Doctrine a dû rassembler et homogénéiser ces traditions plus ou moins divergentes.

(à suivre)


Epsilon



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 Christianisme à Edesse (3/3)
Auteur: Epsilon/2 
Date:   30-12-2010 19:20

Actes de Thaddée (abrégé Actes)

Texte grec qui relate la vie de l’un des douze Apôtre, le dixième selon la liste de Mt (10,3) et de Mc (3,18) … ce récit dont la rédaction est vraisemblablement du VII siècle (sous le règne d’Héraclius) reprend et élabore des traditions plus anciennes.

Le cadre géographique semble dériver de la notice figurant dans la « Liste d’Apôtres et de disciples » attribuée à Epiphane de Salamine (mort en 403) mentionnant … « Thaddée dit aussi Lebbée, frère du précédent, surnommé Jude de Jacques, prêcha l’Evangile du Seigneur aux gens d’Edesse et dans toute la Mésopotamie, au temps d’Abgar, roi d’Edesse. Il mourut à Beyrouth et y fut enterré glorieusement » … et comme nous l’avons vue l’histoire des relations épistolaires du roi Abgar avec Jésus et l’envoie de Thaddée à Edesse dépend d’une légende antérieure, d’origine Edessenienne, dont nous avons une mention chez Eusèbe et une version complète dans le récit syriaque de la Doctrine.

Les Actes introduisent pour la première fois dans l’histoire d’Abgar le motif du portrait du Christ miraculeusement (contrairement à la Doctrine) fixé sur un linge … ceci a servi notamment de source à un texte liturgique, le Ménologue, composé sitôt après le transfert (en 944) d’Edesse à Constantinople de cette célèbre image, et destiné à être lu lors de la nouvelle fête du 16 août instituée pour commémorer l’évènement.

On trouve aussi un autre récit des origines de l’image miraculeuse du Christ, littéralement indépendant des Actes, dans le récit intitulé Lettre d’Abgar … voir E. von Dobschütz, R. A. Lipsius, B. Outtier « Une forme enrichie de la légende d’Abgar en Araméen » … un passage de cette Lettre montre clairement que la lettre de Jésus a eu une fonction d’amulette personnelle dans le monde orthodoxe … elle conserve cette même fonction aujourd’hui en Géorgie … la date proposée est celle du VI siècle comme date de la première rédaction de ce texte.

Pour saisir la visée des Actes et les situer dans l’histoire, il convient de les comparer avec d’autres versions de la légende relative à Abgar … une première particularité réside dans le fait que la réponse de Jésus à la lettre d’Abgar est une réponse orale (3,5), et non pas une lettre, comme chez Eusèbe et dans la plupart des autres sources … sur ce point les Actes rejoignent la Doctrine.

Pour l’auteur des Actes, Jésus n’a donc rien écrit ; en revanche, il a miraculeusement fixé l’empreinte de son visage sur le linge avec lequel il s’est essuyé et qu’il a fait envoyé à Abgar … c’est en recevant ce linge porteur de l’image du Christ que le roi sera guéri, et non grâce à la venue de Thaddée … par la suite toutes les versions de la légende attribuent la guérison du roi en partie à l’image miraculeuse et en partie à l’apôtre.

Les témoins du IV siècle (Eusèbe, ou Egérie qui visita Edesse en 384) ne soufflent mot d’une telle image … la Doctrine (comme nous l’avons vu) mentionne que c’est Hannan, l’envoyé d’Abgar, qui a exécuté un portrait de Jésus et que le roi l’a installé à une place d’honneur dans son palais.

De même, un texte inédit rapporte que Daniel de Galash, au début du V siècle, fit le pèlerinage à Edesse pour « être béni par l’image du Christ qui était là » … mais rien n’indique, ici aussi, que l’image en question ait été d’origine surnaturelle.

La première mention de l’existence à Edesse d’une image du Christ « non faite de main d’homme » ce retrouve dans l’Hist. Ecclé. d’Evagre (4, 27), achevée en 593-594 … lors du siège d’Edesse par les Perses, en 544, l’image aurait joué un rôle miraculeux dans la sauvegarde de la ville … mais Procope de Césarée, qui écrit vers 550 et dont la description du siège de 544 à servi de source à Evagre, ne sait rien de cette image miraculeuse, bien qu’il fasse état de la correspondance d’Abgar avec Jésus dans son histoire des guerres contre les Parthes … les Actes ne peuvent donc pas être antérieur au milieu du VI siècle.

Une autre particularité distingue les Actes des autres témoins de la légende d’Abgar : la réponse de Jésus ne contient pas la promesse que jamais aucun ennemi ne s’emparera d’Edesse … bien qu’Eusèbe ne contient pas cette promesse d’inviolabilité … elle figure en bonne place tant par Egérie en 384 et que dans la Doctrine … l’absence de cette promesse dans les Actes permet de conclure que le texte est postérieur à 609 (date de la conquête d’Edesse par les Perses, qui démentait la promesse de Jésus).

Pour être plus précis les Actes ont été rédigés au VII siècle, sous le règne d’Héraclius (610-641) … et plus précisément entre 609 et 726 (début de la crise iconoclaste) avec un contexte plausible sous le règne d’Héraclius entre 628 et 638 … ce texte aurait servi comme « instrument de propagande » afin de faire reconnaître en Héraclius un nouveau Thaddée … les parallèles entre l’apôtre et l’empereur étant nombreux.

NB : Il est fait mention en (3,3) du « linge [sur lequel se trouve le portrait] plié en quatre » … les lexiques ne permettent pas de déterminer le sens de « tetradiplon » … le terme a alimenter la spéculation de I. Wilson selon laquelle l’image d’Edesse n’était autre que le linceul de Turin plié en quatre … en réalité il faut imaginer une toile beaucoup plus petite qu’un linceul et comparable à un suaire recouvrant la tête de Jésus (soudarion) selon Jn (20,7) … ce qui confirme les dimensions de l’image d’Edesse dans les représentations de l’art byzantin … d’après une variante de la légende connue de l’empereur Constantin VII Porphyrogénète, l’image d’Edesse était le soudarion lui-même.

Fin … ouf


Epsilon



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