Auteur: Jean-Marie Brodin
Date: 17-05-2012 00:25
Stagire a écrit :
Le «peuple» en est-il capable ?
A vrai dire, je ne pense pas que, seul, le "peuple" en soit capable.
J'ai relu récemment l'histoire de la défaite de 1940, et l'attitude du général De Gaulle.
Une part au moins de son génie visionnaire n'a-t-il pas été à ce moment-là, de prévoir que le conflit ne se limiterait pas à une guerre Franco-Allemande, mais allait se généraliser au monde entier ? Dans le premier cas, il n'y avait aucune lueur d'espoir. Mais dans le second, c'est l'Allemagne qui, malgré toute sa puissance, se retrouverait en situation d'infériorité. Or il n'était pas évident à ce moment là, en 1940, de parier sur une mondialisation du conflit. L' Amérique était officiellement neutre et isolationniste, (même si ce n'était pas la position de Roosevelt), et l'URSS était alliée de l'Allemagne.
Les Français se préoccupent peu de ce qui se passe au-delà de leurs frontières. Dans le débat du second tour, la politique étrangère n'a eu pratiquement aucune place. Dans son discours de politique générale, au contraire, le président Russe fait une très grande place à la politique étrangère, en particulier aux évènements qui secouent le monde Arabo-Musulman, et plus particulièrement la Syrie.
En "Occident", les media nous présentent sur cette question Syrienne, un point de vue unique, dicté par les USAs. Mais petit à petit, la position Sino-Russe sera mieux comprise.
Voir par exemple :
http://www.resistance-politique.fr/article-gregorios-iii-une-dictature-de-la-presse-sur-la-crise-syrienne-104895386.html
Le veto Sino-Russe, qui a empêché l'intervention de l'Otan en Syrie, après la leçon de la Lybie, est probablement un des évènements politiques actuels les plus importants, parce qu'il marque l'émergence politique d'un bloc "Eurasiatique", allant même au-delà de l'Eurasie, puisque les nations composant le BRICS, et en particulier l'Inde alignent en réalité leur position, sur la question Syrienne, avec la Russie et la Chine.
On le voit, la misère du débat politique Français n'empêche pas le monde de tourner.
Et le tournant actuel, c'est le passage probable d'un monde dominé par les US, après la chute de l'URSS, à un monde multipolaire.
Si le pôle Eurasiatique émerge réellement, la question qui se posera alors, pour le "peuple" en question, sera celle de son alliance au bloc Euro-Atlantique. Cette alliance est-elle réellement à notre avantage étant donné la domination financière, médiatique, culturelle et politique qu'elle impose, ainsi que l'entraînement dans des guerres aberrantes ? Le pôle Eurasiatique ne serait-il pas plus respectueux des souverainetés nationales ? N'est-il pas gouverné de manière plus sage ? Le mécanisme de privation, pour le "peuple", de l'accès à son propre gouvernement, ne va-t-il pas le pousser à chercher des alliances avec des puissances qui le respecteront davantage, et dont il se sentira culturellement plus proche ?
Rappelons nous que le général De Gaulle voyait l'Europe "De l'Atlantique à l'Oural".
Autrement dit, le "peuple" en question ne doit pas limiter sa vision au seul hexagone, ou encore au seul monde "Occidental", mais doit l'étendre au monde entier. Ce qui se passe au-delà des frontières est encore plus important dans un monde "globalisé", où, justement, les frontières sont affaiblies, et où l'interdépendance des nations est plus grande.
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