Auteur: Olivarus
Date: 14-05-2012 21:28
Ce que j'indique à mes interlocuteurs grecs.
Deux solutions pour les économistes
Si j'en crois Maurice Allais ou Jacques Sapir et autres économistes non inféodés à Bruxelles.
(Je suis économiste).
Evoluer en douceur vers une monnaie commune et des monnaies locales (drachme, peseta…) ou atteindre le paroxysme de la crise si le pouvoir veut accoucher à tout prix du fédéralisme européen.
La monnaie commune est plus facile à vendre que la sortie brutale de l'euro, plus efficace.
Paroxysme de la crise
Car les Etats divergent en balances commerciales et donc en compétitivité. Ces divergences rendent intenables la monnaie unique sans transferts massifs du centre vers la périphérie. Je ne crois pas un instant que les Etats les moins sinistrés puissent transférer des moyens récurrents vers les Etats faibles. L’Allemagne ne paiera pas.
Le manque de compétitivité exige dans le cadre d’une monnaie unique des ajustements par les salaires à défaut de les faire par la monnaie. Ces ajustements sont invendables aux populations en régime démocratique. Ne pouvant dévaluer, les Etats faibles accumulent des restrictions budgétaires insupportables aux populations. Théoriquement pour retrouver de la compétitivité en économie ouverte sans droits de douanes, il faudrait que l’Espagne et la Grèce entre autres, ajustent leur salaire de base sur le salaire de base de la Chine, 250 euros. Le coût marginal de la main d’oeuvre en économie ouverte c’est le coût du dernier chinois sortant du chômage. Pourquoi pas? mais en économie ouverte le salaire moyen des pays développés baissera plus vite vers le salaire de base des pays émergents que le salaire de base de ces derniers ne montera en convergence avec les pays riches. Pourquoi ? parce que la masse de population sous occupée dans les pays émergents est considérable par rapport à notre chômage structurel.
Je raisonne ici en froid économiste sans états d’âme.
Vers la monnaie commune
Beaucoup d’économistes vous diront qu’une monnaie commune avec la drachme dévaluée de 50% ou la peseta de 30%, peut être une porte de sortie viable. Mécaniquement la Grèce et l’Espagne verront leurs balances commerciales se rééquilibrer. Importations plus chères donc stimulation des productions locales et exportations plus compétitives. Sans le dire on baisse les salaires internes par rapport à ceux des allemands par exemple. Et en sortie de crise ces Etats peuvent rejoindre à nouveau la monnaie commune. Cerise sur le gâteau dès rééquilibrage de la balance commerciale , la drachme se redresse face à l'euro.
Bien entendu leur dette en euros est plus lourde à payer, mais il n’y a pas de politique économique sans effets pervers et de toutes façons ces Etats vont vers le défaut de paiement.
La monétisation de leur dette par la planche à billets et le moratoire sont inéluctables, car la croissance économique avec excédents budgétaires est inaccessible pour payer les intérêts d’une dette et le capital à plus de 100% du PNB. Il y faudrait une croissance durablement supérieure aux taux du marché des capitaux ce qui n'a jamais eu lieu depuis des années dans ces pays. Donc moratoire obligatoire mieux défaut et prêts aux Etats à zéro% plutôt que par l'intermédiation des banques. (le prétexte de l'indépendance des banques centrales est un moyen de prise de contrôle des banques sur le pouvoir régalien d'emission monétaire).
Les remèdes keynésiens de relances par déficits budgétaires ont atteint les limites de leur efficacité. L’ensemble des pays occidentaux sont contraints à monétiser leurs dettes. Ce que l’on dit de la Grèce on peut le dire de presque tous les pays de l’OCDE.
J’ajoute que des droits de douanes ou quota d'importations ou préférence nationale sur les marchés s’imposeront entre zones à fortes divergences de niveaux de vie sauf à désindustrialiser complètement les pays à gros salaires.
Je prends date calmement ici et vous verrez que la machine économique imposera sa logique.
La Grèce reprendra sa souveraineté par la force des choses.
Cordialement
(Voir les analyses de Maurice Allais, Krugman, Sapir…)
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