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 Appel des Cardinaux de France
Auteur: Alcor 
Date:   08-02-2017 11:10

Messieurs,

Les Cardinaux de France parlent aux Français, (la cuvée cardinalice de 1939 est bien meilleure que celle de 2017, c'est pour cela que je préfère vous servir celle-là)


"Appel des Cardinaux de France en faveur de la Natalité

(À lire en chaire)

Les cardinaux de France vous adressent aujourd'hui un pressant appel. Les graves dangers qui du dehors menacent le pays, les convulsions sociales qui, en ces derniers temps, Nous ont si vivement inquiétés, ont obligé tous les Français à faire un sérieux examen de conscience. Et tous ont enfin aperçu l'abîme vers lequel le pays s'acheminait.

Grâce à Dieu, une fois encore, la France a montré qu'aux heures graves de son histoire, aujourd'hui comme hier, elle était capable de se redresser et même d'étonner ceux qui doutaient d'elle. Oui, l'œuvre de notre redressement national est heureusement commencé. Et la France a su, sans porter atteinte au régime de la liberté, restaurer parmi nous le respect de la Loi et l'union de tous ses enfants.

Mais cette œuvre de redressement est si complexe! S'il est vrai qu'il faut « reconstruire la Cité» , n'est-ce pas avouer que nos institutions et nos mœurs ont besoin d'une réforme profonde? La tâche sera donc dure et longue; mais elle n'est pas, Dieu aidant, au-dessus de nos forces.

Pour vous, aider, Nos très chers Frères, nous souvenant qu'à travers les siècles les évêques ont si puissamment contribué à faire la France, nous voulons à notre tour mettre au service du pays toutes les richesses spirituelles et morales que l'Église nous met dans les mains. Et c'est pourquoi nous venons aujourd'hui attirer une fois encore votre attention sur le problème que nous croyons être le plus fondamental: nous venons plaider auprès de vous la cause du berceau français, nous venons dénoncer le terrible danger de la « dénatalité.

Ce n'est pas une étude que nous nous proposons de faire. Tout a été dit et bien dit sur ce problème si angoissant. Les revues, les conférences, la presse l'ont mis et le gardent à l'ordre du jour. C'est un appel, un pressant appel que vos évêques veulent faire entendre. Tout le monde sait aujourd'hui qu'en France le chiffre des décès dépasse celui des naissances, tandis qu'autour de nous les peuples voisins se glorifient d'une croissance continue.

Tous reconnaissent que ce rythme de décadence sera fatal à la France : encore quelques années de cette marche en arrière et la différence numérique des diverses populations révélera la déchéance peut-être définitive de notre pays.

Quelle responsabilité pour notre génération! Oui, si nous descendons encore sur cette pente, les générations de demain nous reprocherons amèrement d'avoir conduit le pays aux abîmes, d'avoir sacrifié à nos jouissances personnelles la grandeur et même l'existence de la France.

Ce premier aspect, l'aspect patriotique, est celui que les orateurs et les écrivains mettent surtout en relief. Ils remarquent, et très justement, que dans la lutte présente des nationalismes déchaînés, devant le désir de conquête et de brutale oppression qui les caractérise, notre dénatalité est le plus grave de nos dangers. Le petit nombre d'habitants dans un pays si privilégié le désignera comme une proie facile pour la conquête. Et nous savons ce qu'est de nos jours le sort des vaincus, l'esclavage moderne n'est-il pas plus dur que l'esclavage antique? Quelle terrible responsabilité pour nous tous, gouvernants et citoyens!

En second lieu, laissez-Nous vous rappeler que l'infidélité aux lois qui régissent la propagation de la vie est un très grave péché. Elle est une grave atteinte aux lois divines les plus fondamentales, à l'ordre naturel dans ce qu'il a de plus important et de plus sacré. L'homme reçut de Dieu, à ses origines, l'ordre formel de propager la vie et de la propager selon les lois de sa propre nature: « Croissez, multipliez-vous et remplissez la terre», dit Dieu à nos premiers parents.

Mission incomparable, la plus belle qui soit ici-bas. Car les enfants qui naissent de l'homme seront les fils de Dieu et les rois de la création. Ils augmenteront sans cesse la gloire de Dieu; ils accroîtront sans cesse cette immense famille humaine qui couronne l'œuvre créatrice. Et pour nous, nous devons ajouter: ils aideront la France à remplir dans le monde son éternelle mission.

Oui, c'est pour la gloire de Dieu, pour la grandeur de la France, pour le bonheur de ses enfants qui sont destinés à être des élus que nous vous demandons, Nos Très Chers Frères, d'être fidèles à ce grand devoir de la propagation de la vie. Ici surtout respectez toutes les lois de la morale chrétienne.

Ne séparez pas ce que Dieu et la nature ont uni: c'est-à-dire le plaisir et les charges. Ne garder que le plaisir et lui sacrifier l'existence même de ces êtres que Dieu veut appeler à la vie, c'est, nous dit l'Écriture, « un crime abominable», crime contre Dieu, dont nous violons la volonté la plus chère, crime contre ces êtres innocents que Dieu appelait à la vie et qui, par notre faute, n'ont pu y arriver, crime contre le pays, dont la sécurité et la mission incomparable auprès des autres peuples seront compromises par la diminution progressive du nombre de ses enfants.

Et ce triple crime est plus abominable encore quand, par les odieux procédés de l'avortement, on supprime une vie déjà créée par Dieu.

Prenons garde, Nos Très Chers Frères. Ce crime est bien souvent puni dès cette vie. L'expérience nous dit, hélas! Que cette infidélité aux lois de la vie amène avec elle dans les familles les pires désordres et qu'une sorte de malédiction plane sur les foyers et sur les peuples volontairement stériles. Entendez notre appel, n'allez pas au-devant de ces terribles malédictions.

N'obligez pas vos enfants à vous adresser le sanglant reproche de l'Écriture: « Nos pères ont péché, et c'est nous qui portons le poids de leurs iniquités. »

Que faire pour arrêter la marche si meurtrière de ce fléau ?

Assurément, il faut faire une place, et une place de choix, aux mesures économiques et politiques. Tout le monde sait que l'État moderne a trop longtemps méconnu la grandeur et les droits de la famille. Sa législation la mentionnait à peine, et la plupart de ses organisations matérielles la méconnaissaient et parfois même la combattaient. Cette attitude a été fatale. Une heureuse réaction, hélas! trop tardive, s'accuse déjà. De multiples et très justes privilèges, que les derniers décrets lois viennent encore d'accroître, sont désormais attachés aux familles nombreuses. Et il faut souhaiter que cette œuvre de réparation et d'espérance soit noblement continuée.

Une politique familiale généreuse, hardie même s'impose. Et c'est justice: le foyer bien peuplé donne au pays la première de ses ressources, il lui donne des citoyens. N'est-il pas juste que ce service, le premier de tous, soit reconnu, facilité et récompensé.

Mais ne nous faisons pas illusion, et Nous abordons ici le point vital du problème. Les bonnes mesures politiques et économiques ont leur importance certes; elles sont mêmes, à vrai dire, indispensables. Sans elles ce grand devoir exige un héroïsme continu, et même devient souvent presque impossible.

Mais l'expérience nous prouve que ces aspects ne sont pas les principaux. Ils n'influent que faiblement sur les volontés humaines. Quand les conflits se limitent aux intérêts matériels, l'intérêt personnel du plaisir et de la liberté prévaut presque toujours. Oui, c'est l'amour du plaisir et de la liberté, la peur de la peine, l'égoïsme en un mot qui sont les vrais ennemis de la famille nombreuse.

Il faut reconnaître en effet que les conditions matérielles les meilleures ne suppriment pas, ne peuvent pas supprimer la lourde part de sacrifice que comporte la famille nombreuse.

Dans les foyers peuplés, les labeurs, les souffrances, les inquiétudes, les dures surprises y sont comme à demeure. Les parents appartiennent tout entiers et nuit et jour à leurs enfants. Il faut donc, et pendant les meilleures années de la vie, dire adieu à la liberté, aux voyages, aux plaisirs mondains, aux relations agréables. Toutes les phases de la maternité surtout, depuis l'enfantement jusqu'à la pleine éducation des enfants, sont en opposition évidente avec tout ce que la civilisation contemporaine a organisé pour le charme de la vie. Avouons-le, l'enfant impose aux parents le dévouement de tous les instants, une véritable immolation qui va souvent jusqu'à l'héroïsme.

Il est vrai, et nous ne saurions trop le redire, que les joies familiales qui sont en définitive les plus pures, les plus profondes, les plus pleines de toutes, constituent une juste et si précieuse compensation!

Dès lors, le vrai remède consiste à regarder la propagation de la vie et la création d'un foyer par leur véritable et grand aspect. C'est une vraie mission que Dieu donne à l'homme ; c'est, après son salut, la raison d'être de son existence, c'est son principal honneur. Mais comme tout ce qui est vraiment beau et grand, c'est par le sacrifice qu'il faut le réaliser. Le vrai remède consiste ici, comme pour toutes choses; dans l'amour et dans le culte du devoir. Il faut accepter, sous peine de n'être plus un homme digne de ce nom, que le devoir soit toujours sacré et que la vertu soit vraiment une victoire.

On oublie que le plaisir, quand il est seul, avilit toujours la nature humaine, mais qu'uni à l'effort et à la victoire il donne à l'homme sa dignité et son véritable bonheur.

Le vrai remède, disons-le nettement, c'est de ramener dans les âmes la conception chrétienne de la vie. Avant la déchristianisation de notre société, tous les foyers de France étaient de véritables sanctuaires; tous étaient fondés sous la bénédiction de Dieu et recevaient de l'Église, avec le sacrement de mariage, les leçons les plus émouvantes et les grâces si opportunes.

On voyait autour de la table familiale, comme la plus belle des couronnes, des enfants nombreux et forts. Ils grandissaient dans cette atmosphère sacrée et préparaient dans une vie d'obéissance et souvent de sacrifice les générations qui ont porté si haut le bon renom de la France. Très longtemps la mère française surtout fut regardée par le monde entier comme la mère idéale. Hélas! le paganisme a fait son œuvre, il a dressé contre la famille ses deux mortels ennemis : le divorce et l’avortement.

Il est bien vrai qu'il est des foyers malheureux où la vie conjugale devient un vrai martyre. Mais la perspective du divorce n'a-t-elle pas souvent provoqué, soutenu, avivé ces dissensions? Car on s'accommode plus facilement d'un état qu'on sait ne pouvoir changer. Et de plus, l'Église n'est pas inhumaine : elle avait prudemment organisé pour ces cas douloureux la séparation de corps et de biens. Et l'état social qu'elle avait ainsi créé n'était-il pas infiniment plus moral et plus heureux que le nôtre ?

Que conclure de toutes ces observations ? La nature du mal indique les remèdes. Oui, il faut demander aux pouvoirs publics et aux organisations privées de multiplier encore aux familles nombreuses les facilités de vie, mais plus encore il faut refaire l'atmosphère morale du pays. Il faut faire revivre parmi nous le mariage chrétien avec ses lois morales, ses secours spirituels. Il faut rebâtir ces sanctuaires familiaux où la vertu et le sacrifice étaient en honneur et qui donnaient un bonheur que nous ne connaissons plus. Il faut combattre les ravages du divorce et de l'avortement par une législation plus appropriée et par le renouvellement des mœurs. Et puisqu'il est vrai que seule la religion peut ici encore donner le salut, qu'on lui donne donc sa place dans l'éducation des enfants et dans la moralisation de tous.

Enfin, nous adjurons tous les Français vraiment dignes de ce nom de s'enrôler dans cette croisade pour le salut et pour la grandeur de la France.

Ce pressant appel, nous vous l'adressons, Nos Très Chers Frères, pour remplir notre devoir à la fois pastoral et patriotique.

Nous portons devant Dieu la responsabilité de vos âmes.

« Et malheur à nous si nous n'évangélisons pas», c'est-à-dire si nous ne vous faisons pas connaître les volontés divines qui sauvent!

De plus, nous croyons fermement que l'une des causes les plus influentes du malaise général et de l'effroyable crise qui nous étreint tous est dans la profanation du foyer.

Nous croyons que le bonheur vrai et la paix sociale ne reviendront parmi nous qu'avec le culte de la famille. Nous croyons enfin que la France ne retrouvera son prestige et ne remplira sa mission dans le monde que si, conformément à sa destinée, elle a toujours à son service de nombreuses légions de défenseurs et d'apôtres.

Que nos jeunes surtout, dont les belles attitudes nous donnaient, hier encore avec la J.A.C., tant de joie et de si beaux espoirs, entendent notre appel et répondent à notre confiance!

cardinal VERDIER, archevêque

cardinal LIÉNART, évêque de Lille.

cardinal BAUDRILLART, recteur de l'Inst. Cath. de Paris.

cardinal SUHARD, archevêque de Reims.

cardinal GERLIER, archevêque de Lyon.

La lettre ci-dessus doit être lue dans toutes les églises et chapelles du diocèse le dimanche 7 mai, ou en deux fois les 7 et 14 mai."



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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Olivarus 
Date:   08-02-2017 12:31

Les évêques en 1974

Simone Veil en 1975:

« Avec l'Eglise catholique, les choses se sont mieux déroulées que j'aurais pu le craindre. [...] je me suis entretenue avec le prélat en charge de ces problèmes au sein de la hiérarchie catholique. Il n'a pas tenté de me dissuader. Il exprimait le voeu que la liberté de conscience soit assurée dans la loi et que nul ne puisse obliger un médecin ou un soignant à pratiquer une IVG. Il est vrai qu'à cette époque, l'Eglise de France était très ouverte ».

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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Alcor 
Date:   08-02-2017 14:40

« Évêque, je meurs par vous ! » (Sainte Jeanne d'Arc avant d'être brûlée vive)

La cauchonaille 74 est encore plus dégueulasse que celle de 1431.

Au moins "nos frères aînés dans la foi" et "nos frères mahométans" n'en feront pas une indigestion...

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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Olivarus 
Date:   08-02-2017 16:36

On peut éventuellement avoir dans ces conditions plus d'indulgence pour les politiques que pour les religieux.

en 1984, je disais en plein meeting à Bigeard sur la liste de Simone Veil aux européennes:

"Mon général. Je m'étonne qu'un des généraux les plus prestigieux de l'armée française , cautionne par sa présence une liste conduite par madame Simone Veil. Personne qui a menée une politique familiale désastreuse pour la France"

Il me répondit:

"Vous avez raison jeune homme, d'ailleurs je n'ai pas voté cette loi."


Sic

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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Alcor 
Date:   09-02-2017 15:55

Cher Olivarus,

Vous avez raison : les évêques ont manifestement encore plus failli que les laïcs.

Et c’est très surprenant, je vais vous dire pourquoi c’est très surprenant.

J’avais lu il y a quelques années de cela le cours de théologie morale de Labourdette (grosso modo thomiste, sauf pour les innovations de Vatican II ou plutôt de son « Esprit »), et là dans les états de vie consacrée, il traite de l’évêque et rappelle que l’évêque a l’obligation d’être dans l’état de perfection, à la différence du religieux qui prononce un vœux et qui lui n’a obligation que de tendre à la perfection, raison pour laquelle un évêque qui se retirerait dans un monastère, régresserait.

Les évêques sont des « Perfectores », « Perfectores gregis » (c’est chez Saint Thomas), ils doivent être parfaits pour parfaire le troupeau : en effet la puissance ne peut actualiser sa perfection que sous l’effet d’une perfection en acte, il faut donc des Parfaits pour parfaire les imparfaits.

Alors être un évêque ce n’est pas de la petite bière, être évêque c’est se situer au top niveau de l’Église.

Il n’y a qu’à voir l’exemple de Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, pour comprendre que la barre est vraiment placée très haut : martyr à 86 ans ! D’ailleurs dans les premiers siècles (et même après), c’étaient bien souvent les évêques qui allaient les premiers au martyr.

Alors comment expliquer que des évêques, qui en principe pratiquent les vertus cardinales et théologales au plus haut niveau, puissent faillir à remplir une mission aussi triviale que de s’opposer à la promulgation d’une loi aussi abominable, alors que le peuple dont ils ont la charge est encore majoritairement catholique, et que pas le moindre danger ne plane au-dessus de leur tête ? (faut quand même pas déconner, le gouvernement Giscard n’allait pas les jeter aux lions ou au feu…)

Eh bien je ne sais pas; ce que les Perfectores auraient dû faire, et qu’ils auraient pu très facilement faire, ils ne l’ont pas fait, c’est un peu comme se demander pourquoi un père de famille qui chérit ses enfants et qui a tous les moyens pour empêcher le meurtre de ceux-ci, finalement les laisse se faire tuer, pourquoi ? Bien sûr les sédévacantistes ont une réponse toute trouvée : « ils n’étaient pas évêques ! » Mais résoudre une difficulté par une difficulté encore plus grande, ce n’est pas vraiment satisfaisant, donc mystère…du mal.

Et c’est d’autant moins compréhensible que tout le monde sait qu’il y a au moins trois facteurs psychologiques qui aggravent la situation :

- l’habitude : par exemple lorsqu’une guerre se prolonge on constate que des actes jugés atroces avant la guerre finissent par se banaliser. Il y a un endurcissement au mal, cela finit par rentrer dans les mœurs. Comme disait Nietzche « Et quand ensuite s’élève le chant du fauve blond , du monstre exultant , du type d’hommes qui retourne de la série horrible, meurtres, incendies, viols, torture, avec une joie débordante comme d’une farce d’étudiant ». Ben ouais forcément, quand vous faites des saloperies à longueur d’années, vous finissez par trouver ça normal, et même par en rire. Tuer l’enfant intra utero n’est plus qu’une formalité, n’est-ce pas ?

- la résignation : une fois que le mal est répandu comme jamais, que sa banalisation est à son comble : « Mais Monsieur que voulez-vous que j’y fasse? C’est plié maintenant, on y reviendra pas… ». Cela me rappelle une brochure destinée aux Ressources humaines, dans laquelle on vous expliquait que le salarié face à un changement dans l’entreprise entre d’abord dans une phase de résistance, puis de guerre lasse fait son deuil et finalement accepte le changement.

- le mépris du bien commun : Fillon nous en fournit un très bon exemple, en effet il a affirmé qu’à titre personnel il était opposé à l’avortement, alors effectivement il aime sa Pénélope, il aime ses enfants et il n’aurait jamais accepté que l’un d’entre eux soit tué dans le ventre de sa femme. Fort bien. Mais après il affirme qu’il approuve et même a voté toutes les lois abominables sur l’avortement. Alors comment concilier les deux ? Psychologiquement c’est très simple à concilier : mon bien propre est ce qui compte le plus, le bien commun je m’en fous complètement. Eh oui dès qu’il s’agit du bien commun, on fait tout et n’importe quoi avec, mais dès qu’il s’agit du bien personnel ouhla attention on n’y touche pas ! Le nombre de fois où j’ai vu des types faire n’importe quoi avec le pot commun, ce qu’ils n’auraient jamais fait avec leurs deniers et biens propres, c’est hallucinant. C’est d’ailleurs un très bon argument des libéraux : puisque les hommes n’en ont plus rien à foutre du bien commun, eh bien privatisez le ! au moins il sera bien géré. À noter que Platon n’envisageait le communisme que pour l’élite, les gardiens du Temple… Donc voilà, pas d’avortement dans ma famille, et pour les autres familles je n’en ai rien à foutre : « Qui suis-je pour juger ? ».

Je n’ai pas d’explication pour la défaillance de nos Perfectores, mais je constate une coïncidence et une concomitance quasi-parfaite entre l’effondrement dans l’ordre naturel et l’effondrement dans l’ordre de la grâce. Et je constate qu’une bonne partie du clergé ferme les yeux sur ce constat, un peu comme s’il ne voulait pas admettre que Dieu est l’auteur aussi bien de la nature que de la grâce, et qu’une cohérence existe entre les deux.

Dans notre diocèse nous avons eu une bonne illustration de cette politique de la grâce sans la nature. Un maire, ancien ministre, dont par charité je tairais le nom, a été admis à la sainte communion, alors qu’il est divorcé-remarié (ce n’est pas là le point principal), mais surtout alors qu’il a fait publiquement et à maintes reprises l’apologie de l’avortement, et cerise sur le gâteau il a été pris en photo au moment où il communiait et cette photo a été publiée dans les nouvelles diocésaines, pour que tout le monde le sache bien ! Le message est clair : que cela vous plaise ou non, nous ferons rentrer en grâce la contre-nature. C’est du pur délire, l’évêque accepte à la sainte communion un ennemi notoire de l’ordre naturel, partisan du meurtre de l’enfant intra utero (et également du mariage des sodomites), alors qu’en principe il aurait dû le refuser sous peine que celui-ci ne boive sa condamnation, car comme l’enseigne infailliblement Saint Paul, communier au corps et au sang du Christ, en état de péché mortel, c’est boire sa condamnation, et ben elle est belle la charité diocésaine ! Le fait que ce maire a son abbé de cour et que la municipalité accorde de généreuses subsides au diocèse peut en partie expliquer cela.

Je note que des choses objectivement évidentes, ne le sont plus pour ces gens-là. Ainsi l’abbé Philippe Laguérie expliquait dans son catéchisme qu’il ne sert à rien, à celui qui ment comme il respire, de réciter des patenôtres, car sa priorité c’est d’arrêter de mentir et de dire la vérité. (comme la loi naturelle l’exige). De même que penser d’un mafieux qui se confesse, puis juste après sa confession va se venger de son ennemi en massacrant sa famille, puis se confesse de nouveau le lendemain, et puis rebelote va massacrer ses ennemis, cela ne rime à rien, sa priorité n’est pas d’aller se confesser mais d’abord d’arrêter de tuer. Bon et bien pour ces gens-là ce n’est pas évident. Je connaissais une personne qui allait se confesser plusieurs fois par semaine, chose plutôt remarquable (en plus il faut trouver un prêtre disponible…), sauf que cette personne était divorcée-remariée, dans le péché habituel, et l’on comprend pourquoi elle allait tout le temps se confesser. Eh oui sauf que l’objectif ce n’est pas de rester dans le péché habituel et d’aller tout le temps se confesser, l’objectif est de sortir du péché pour ne plus avoir à se confesser. Cela paraît évident et c’est ce que l’Église affirmait encore jusqu’à une date récente. (mais depuis Amoris laetitia on ne sait plus où on en est).

Alors comment comprendre cette perte de l’évidence ? On peut remonter à l’hérésie franciscaine des fraticelles, turlupins etc, toutes ces sectes du libre-esprit et de la libre-nature, qui en substance affirmaient qu’une fois que l’on a atteint la perfection spirituelle, l’esprit est libéré des passions et peut donc laisser la nature suivre son libre cours, comprenez s’avilir dans la débauche, donner libre cours aux pulsions les plus sauvages, sans que l’esprit en soit affecté. Mais celui qui a vraiment théorisé cette immondice et l’a popularisée, c’est Luther, lui qui disait au margrave de Thuringe« pèche fort et crois fort ». Une dissociation totale entre la loi naturelle et la grâce : « j’ai reçu la grâce prédestinante, donc je peux violer la loi naturelle autant de fois que je veux et me comporter comme le dernier des porcs, peu importe, Dieu m’a gracié et sauvé pour l’éternité ». C’est du délire, mais pour en avoir discuté avec eux, c’est ce en quoi croient vraiment les protestants, au pire m’avaient-ils dit « le prédestiné commet un contre-témoignage, mais cela ne change rien à son élection ». Là les bras vous en tombent, ces gens-là font de la grâce divine une sorte de dispense à la loi naturelle. « J’ai la grâce, donc je suis au-dessus de la loi », purée ce qu’il faut pas entendre…

Et le plus cocasse, c’est que j’avais discuté avec mon ancien curé au sujet de la désaffection des églises, de la baisse des mariages, des baptêmes, etc… et plus ou moins il m’avait fait comprendre qu’avant les gens se mariaient et allaient à la messe comme des moutons, par une sorte d’obligation sociale, et que du coup ils produisaient un contre-témoignage ! Eh oui c’était des pharisiens, alors que maintenant c’est beaucoup mieux ! Quand vous voyez l’ignorance crasse des catholiques, même pratiquants, dont certains ne savent même plus pourquoi Dieu s’est fait homme (j’en ai été témoin, ils ne savaient même plus répondre à cet question du prêtre célébrant), quand vous voyez qu’ils se font la religion et la pratique à la carte, que plus de la moitié d’entre eux ne croient plus en la Résurrection (ne parlons même pas des autres dogmes), qu’ils concubinent, qu’ils divorcent, défient ouvertement ce qu’il y a de plus précieux et sacré dans l’Église, et j’en passe et des meilleurs, ah voilà qui est remarquable, quel brillant témoignage ! on a vraiment gagné au change, c’est pour cela que les églises attirent désormais autant de monde, n’est-ce pas ?

Vraiment ces gens-là ne veulent pas voir, ils sont devenus captifs de leur idéologie. J’avais évoqué les messes sans prêtre (ADAP : Assemblée Dominicale Sans Prêtre) et même une fois alors que je suivais une préparation, j’avais, à ma grande surprise, assisté à une telle messe. (un magnétophone à la place du prêtre), mon ancien curé n’avait rien trouvé à redire, oh après tout pourquoi s’en affliger, on fait sans et puis c’est tout. Le plus glaçant c’est lorsque je lui avais parlé des âmes qui sont en train de se damer : « Eh oui elles se dament, oui, oui, que voulez-vous y faire » et what’s next ? ben rien. Sur l’avortement il m’avait rétorqué : « Oh il y en a toujours eu et il y en aura toujours ». (peut-être pas en fait parce qu’on arrive bientôt au bout du rouleau…)

Effondrement dans l’ordre de la grâce : 1800 prêtres ordonnés chaque année fin des années 40, début 50, 80 aujourd’hui (23 fois moins !) avec un âge médian de plus de 75 ans, des églises vides de chez vide, ça non plus ils ne veulent pas le voir. Et ne parlons même pas de la place de la foi dans l’espace public, c’est le néant absolu. (dans les années 80 on pouvait encore voir le primat des Gaules Mgr Decourtray invité dans une grande émission politique comme « l’heure de vérité »). Enfin reste plus que la méthode Coué : « c’est mieux qu’avant puisqu’on vous le dit ! »

Et à côté de ça des discours pseudo-mystiques, d’un néoplatonisme de mauvaise facture : « il faut que vous rayonniez autour de vous ! » Tout part en couille, et nous il faudrait qu’on rayonne, à Tchernobyl aussi ça continue de rayonner… Et surtout plus de morale traditionnelle, c’est ringard ça, j’avais eu le malheur un jour de parler de la vertu de justice, mon curé m’avait dit : « vous parlez comme les catéchistes quand j’étais petit ». C’est sûr que lorsque l’on est un phare qui rayonne à des kilomètres à la ronde, la justice, la morale catholique, la loi naturelle, l’avortement, etc… on s’en tamponne le coquillard, on est au-dessus de tout ça…

Et quand je dis qu’il y a concomitance : dans les années 70 on n’accueille plus les enfants français non-désirés, on les tue, et à côté de cela on accueille les immigrés mahométans, on leur ouvre des salles de prière dans les églises, on milite pour le regroupement familial, oh que c’est beau et charitable et tout ça avec la bénédiction de la République et du grand Capital. Et le sang des 220 milles enfants français tués chaque année dans le ventre de leur mère, qu’est-ce que vous en faites bande d’enfoirés, ça aussi c’est charitable ?

Laurent Dandrieu a parfaitement raison lorsqu’il dit : « Et pour que l’on ne puisse pas dire que le jour où les Européens auront voulu sauver leur continent du suicide, ils aient trouvé sur le chemin un obstacle insurmontable : l’Église catholique». C’est ce qui risque d’arriver si l’on continue à suivre le chemin protestant de la séparation de la nature et de la grâce (au lieu de leur distinction) et que l’on continue dans des délires pseudo-mystiques au lieu de défendre la loi naturelle et la vie. Sans même parler des fins dernières qui sont sérieusement compromises avec de telles orientations.

La France est malade, vieillissante, mais on peut se demander si l’Église de France ne l’est pas encore plus. En tout cas il semblerait qu’elles soient tombées malades au même moment : lorsque l’une déchoit dans l’ordre de la nature, l’autre déchoit dans l’ordre de la grâce, indissolublement liées dans leur chute comme elles ont pu l’être dans leur gloire…



Message modifié (09-02-2017 15:57)

Répondre à ce message
 
 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Olivarus 
Date:   09-02-2017 22:00

Alcor a écrit:


> La France est malade, vieillissante, mais on peut se demander
> si l’Église de France ne l’est pas encore plus.






Un mot me vient à l'esprit "Apostasie".

Répondre à ce message
 
 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Alcor 
Date:   10-02-2017 11:13

Cher Olivarus,

Vous qui êtes un économiste distingué, je vous soumets les conclusions du professeur François Crouzet dans son ouvrage « Histoire de l’économie européenne 1000-2000» :

« La prévision économique est notoirement une science inexacte et on n’en dira pas plus. En revanche, il existe une science sociale – la démographie – qui est une meilleure prophétesse que la science économique, et son inquiétante prophétie est que l’Europe marche vers la dépopulation. Depuis le milieu des années 1960, les taux de natalité et de fécondité ont fortement baissé – et même se sont effondrés – dans tous les pays européens. En gros, la natalité est tombée de 20 à 10% ; la mortalité a aussi reculé, mais plus lentement, parce que la population a vieilli. En conséquence le taux d’accroissement naturel a grandement diminué : de 8 à 1%, dans les pays de l’UE, des années 1960 aux années 1980.

L’immigration est devenue le principal facteur d’augmentation de la population (pour plus des trois quarts de celle-ci durant la période 1957-1997), d’autant plus que les immigrés conservent, pendant une génération au moins, leurs comportements traditionnels et ont souvent des familles nombreuses. Mais cette augmentation a été lente : 0,3% par an dans les deux dernières décennies, contre 1% dans les années 1950. En fait en 1993, l’accroissement naturel devint négatif (c’est-à-dire qu’il y eut plus de décès que de naissances), et en 1996, pour la première fois depuis longtemps (et les guerres mises à part), la population de l’Europe n’augmenta pas ; mais la responsabilité incombait à la Russie et à l’Europe de l’Est, qui avaient eu un excédent de décès.

Cependant, s’il n’y avait pas d’immigration, la population de l’Allemagne et celle de l’Italie diminueraient . Quant aux taux de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer), ils sont tombés en dessous du minimum fatidique de 2 (ou plutôt 2,1), qui est le chiffre d’équilibre assurant une population stable. Le taux pour l’actuelle UE des 15 avait été 2,7 en 1965 ; en 1996, il fut d’1,4. Il y a d’ailleurs eu un renversement de position entre le nord et le sud de l’Europe. L’Europe du Nord –depuis longtemps malthusienne- a le taux le plus élevé, 1,8 (L’Islande est le seul pays d’Europe un peu au-dessus de 2). Par contre l’Europe du Sud, longtemps prolifique, est – avec l’Allemagne – dans la plus mauvaise position, avec 1,4 (et 1,19 pour l’Italie, où la natalité est de 9%) ; l’Europe occidentale et l’Europe orientale sont entre les deux : la France à 1,7. De plus le nombre des femmes en âge d’enfanter a commencé à diminuer, parce que le chiffre absolu des naissances a baissé depuis 1974.

Les niveaux qui ont été atteints sont si bas que le problème de la survie démographique de l’Occident se pose. On estime que la population de l’Europe baissera de quelques millions d’ici 2025 (celle de l’UE commençant à diminuer vers 2010), puis chutera plus nettement entre cette dernière date et le milieu du XXIème siècle ; au total sa diminution sera comprise entre 13% et 24%, de 2000 à 2050. Environ 40% de la superficie présentement cultivée de l’UE deviendra inutile, sauf pour du reboisement, qui ramènerait beaucoup de régions à leur aspect du VIIème siècle. Le poids de l’Europe dans le monde sera fortement réduit, car la population des autres continents continuera à augmenter. En 1900, l’Europe avait 25% de la population de la planète et elle en avait encore 22% en 1950 ; en 1995, ce ratio était tombé à 13% (dont 6% pour l’UE) ; il sera de 9% en 2025 et de 7% en 2050. L’Afrique à cette date pourrait avoir trois fois plus d’habitants ; d’où la possibilité de migrations massives.

De plus, la population de l’Europe, sera vieille, et d’ailleurs elle a déjà vieilli nettement dans tous les pays européens, à mesure que l’espérance de vie s’améliorait. Les pyramides des âges se sont rétrécies à la base et élargies au sommet. L’âge médian de la population européenne est monté de 30 ans en 1955 à 36 en 1995. À partir de 2025, les Européens de plus de 60 ans seront plus nombreux que ceux de moins de 20 ans. Le pourcentage de la population en âge de travailler (15-65 ans) culminera vers 2000 à 67% et tombera en dessous de 60% après 2030. Vers 2050 le ratio des gens en âge de travailler et des retraités sera de 2 pour 1, tandis qu’il était de 4 pour 1 en 1960. C’est la bombe à retardement des retraites et de la protection sociale, qui a déjà été mentionnée : bientôt un fardeau terrible et croissant d’impôts et/ou de dettes devra être porté par un nombre décroissant de personnes jeunes, au bénéfice d’un nombre croissant de vieux. De plus, une population vieillissante pourrait entraîner les économies et les sociétés européennes dans une spirale descendante vicieuse. (Un rapport récemment publié par l’ONU affirme que, pour maintenir stable le ratio 15-64 > 65), l’Europe devrait recevoir 700 millions d’immigrants en 50 ans. Ces calculs sont estimés absurde par l’INED.)

Les espoirs, que fit naître la fin de la guerre froide, d’une Europe unie, pacifiée, prospère, étaient-ils chimériques ? En 1996 un historien britannique, T.C.W Blanning, s’est demandé si l’évolution de l’Europe depuis 1990 n’annonçait pas le retour des quatre cavaliers de l’Apocalypse. Peut-être l’Europe doit-elle expier les péchés mortels de deux guerres mondiales, du communisme et du nazisme – qu’elle a engendrés -, et de la Shoah ? (…) Il est vrai que les politiques économiques traduisent des systèmes de valeurs –comme l’a démontré David Landes, et les valeurs de beaucoup d’Européens manquent de rationalité économique. »



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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Olivarus 
Date:   10-02-2017 12:50

Alcor a écrit:

Crouzet:
> « La prévision économique est notoirement une science inexacte
> et on n’en dira pas plus. "

C'est un peu lapidaire et hyperbolique.


Je dirai que la prévision économique est une science à épistémologie faible; mais il faut des prévisions qui ne sont pas toutes farfelues. Le calcul de probabilités et l'économétrie et les tests avec retour d'expérience nous aident à faire des prévisions.

Les comptes d'exploitation prévisionnels que l'on demande à l'investisseur qui prend des risques sont faux mais il vaut mieux en faire l'effort de réflexion et d'anticipation que de se contenter de conjectures informulées.

Vous prêterez plus facilement de l'argent à quelqu'un qui fait l'effort de formalisation de son projet avec l'aspect financier qu'à celui qui ne voit que l'aspect économique et technique.

Nuançons les économistes.

Nous le sommes tous un peu.

Cordialement



Message modifié (10-02-2017 12:53)

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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Olivarus 
Date:   10-02-2017 13:12

Alcor a écrit:

"De plus, une population vieillissante pourrait entraîner les économies et les sociétés européennes dans une spirale descendante vicieuse. "

Cela rappelle le livre de Pierre Chaunu, "La peste blanche", qui abonde dans ce sens. L'Allemagne est morte mais ne le sait pas encore , écrivait-il.

Effectivement en dessous d'une certaine reproduction le pays s'effondre sur lui-même par manque de bras et de cerveaux.

C'est pour cela que des pays pour des raisons démographiques et pas spécialement morales changent brusquement de politique démographique.

La Chine autorise brutalement le deuxième enfant par ménage avec comme résultat immédiat plus d'1 million d'enfants de plus sur 2016 pour rééquilibrer la pyramide des âges complètement défoncée.
La Russie qui sort de l'hiver démographique non pas en pénalisant l'avortement mais en jouant la pression sociale dans le bon sens par des mesures très complètes de protection et d'accompagnement humain et financier.

Le résultat est là les 3/4 des avortements disparaissent sans mesures particulièrement coercitives. ce qui peut être une voie de sortie pour les pays sinistrés qui ne savent comment recréer un consensus vital sans faire peur par des considérations morales incomprises.

Le discours moral doit tenir compte de l'Etat des moeurs non pas pour s'aligner sur un étiage désastreux mais pour avoir une approche pédagogique qui fasse envie et n'effarouche pas trop inconsidérément.

L'ennemi serait trop heureux d'un discours purement doctrinal sans l'aspect constructif et thérapeutique. Nous enfermer dans des postures de pères la morale serait l'idéal pour l'adversaire.

Fortiter in re, suaviter in modo.



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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Alcor 
Date:   10-02-2017 15:48

Cher Olivarus,

Je crois que le fait d’omettre de poser la question de la natalité nous rend de moins en moins légitimes pour refuser l’immigration, et c’est bien ce que je reproche aux partis anti-immigrationistes, qui pour des raisons démagogiques et aussi pour ne pas prêter le flanc à la critique, refusent de mettre la question de la natalité sur le tapis.

En effet , si mon peuple est jeune, avec des familles nombreuses, alors je dis à l’immigré : « Désolé y a plus de place, y a plus d’argent, regardez un peu tous les enfants dont on a à s’occuper ! ». Je suis légitime, mon devoir d’état consiste d’abord à m’occuper des miens.

Si mon peuple c’est moi tout seul, disons que je suis le « dernier des Français », j’ai la France pour moi tout seul, et voilà que des millions d’immigrés débarquent, qu’est-ce que je peux bien leur dire ? « chui une bande de jeunes à moi tout seul, j’me fends la gueule » ? Je ne suis plus légitime, et dans l’ordre pratique de toute façon je n’ai plus les moyens de m’opposer à leur venue.

Alors si les politiques ont peur d’évoquer les mœurs dissolues de notre peuple, car c’est bien cela qui nous plombe, on pourrait attendre au moins de l’Église qu’elle le fasse, comme elle l’a déjà fait par le passé !

Quant aux idolâtres de François, je ne me lasserais jamais de leur rappeler ses paroles mémorables :

« On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social » (« La Vie » 2 mars 2016, interview du Pape François )

De temps en temps il lâche une rafale à droite, quand même…



Message modifié (10-02-2017 15:48)

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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Olivarus 
Date:   10-02-2017 16:37

Le leadership des politiques et l'exemplarité


Ce que l'on est est important par rapport à ce que l'on dit. L'être précède la pensée pour les hommes. Ceci explique souvent cela...

On ne peut en faire un absolu méchant pour ceux qui n'ont pas la même situation, cela serait injuste, mais c'est un indicateur non négligeable.

Indicateur qui a ses contre exemples of course.

Allemagne

Angela Merkel; pas d'enfant
Frauke Petry: AFD 3 enfants

Pour l'avenir de l'Allemagne, j'y vois un intersigne...

France

François Fillon: 5 enfants
Marine Le Pen: 3 enfants

Emmanuel Macron: pas d'enfant
Floriant Philippot: pas d'enfant

Ils peuvent changer et je leur souhaite cette thérapie de l'être.

Pour l'avenir de la France.... bis.

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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Alcor 
Date:   11-02-2017 16:46

Alors chaque jour apporte sa dose de perplexité, je connaissais l’histoire d’Assange et de Wikileaks, mais alors je viens de découvrir un truc complètement délirant :

Je savais qu’un certain Manning, militaire US de son état, avait communiqué des documents classés secret défense à Wikileaks, en fait des saloperies made in USA perpétrées en Irak, et pour cela en 2013 il fut condamné à 35 ans de tôle, bon jusque-là j’arrive à suivre la logique de l’histoire.

Là où ça commence à déraper grave, et je l’ai appris un peu par hasard aujourd’hui, c’est que ce Manning avait des troubles d’identité sexuelle, et qu’en 2015 L’US Army l’autorisa à entamer un traitement hormonal pour devenir une femme, et le pompon c’est que le 17 janvier dernier l’administration Obama commua sa peine et décida de sa libération pour mai 2017!

Cherchez donc la logique de l’histoire, vous êtes séminariste ou père de famille, vos 35 ans de tôle vous les faites, vous êtes un sodo ou un trans vous n’en faîtes que 5 ou 7, et en plus l’armée vous aide à accomplir « votre transformation ». Purée ! là on atteint quand même des sommets !

Le père La Morale est battu en brèche.

Donc voilà, bienvenue dans un monde de tarés complets, alors pour me consoler je me suis dit que du côté ecclésial j’allais trouver des nouvelles réjouissantes, eh ben non ! alors là aussi ça déconne à plein tube :

« Pourquoi les hommes humbles de mon pays, les ouvriers de mon pays, ne réagissent pas comme les hommes ordinaires, eux ils ont compris et cru Péron ? L’explication est simple, il suffit de voir Péron, pour croire en lui, en sa sincérité, en sa loyauté, en sa franchise. Ils le virent et ils crurent. Ainsi se renouvelle ce qui s’est passé à Bethléem il y a 2000 ans. Les premiers à croire furent les humbles, pas les riches, ni les sages, ni les puissants ». (interview du Pape François «El Pais » 21 janvier )

Oser mettre sur le même plan la foi en Christ et la foi en Péron !! N’importe quoi, n’importe quoi, à se frapper la tête contre les murs… je viens de découvrir le blasphème pontifical. Je vais quand même vérifier les sources, parce que j’arrive toujours pas à y croire…

Quand je pense qu’aujourd’hui j’ai croisé des témoins de Jéhovah, la première question qu’ils m’ont posée : « Comment voyez-vous l’avenir ? - Noir !». Mine de rien lorsque je leur ai dit que j’étais catholique pratiquant et que je leur ai cité la bible, ils n’en croyaient pas leurs yeux, du genre « on en a trouvé un ! ». C’est un bon indicateur les témoins de Jéhovah, ils vadrouillent à droite, à gauche, et vont au contact, et manifestement la probabilité d’entrer en collision avec un catholique est très faible, ce n’est plus le risque majeur de nos rues…



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 Re: Appel des Cardinaux de France
Auteur: Olivarus 
Date:   11-02-2017 18:30

Alcor a écrit:

> Alors chaque jour apporte sa dose de perplexité, ...



Dès que vous abordez la question papale la perplexité devient un mot un peu faible...



Le silence peut être une stratégie d'attente pieuse et vigilante puisque tout semble parfois converger vers le paroxysme de l'inacceptable. Avec des signaux contradictoires.

Si nous attendons patiemment que la Providence nous éclaire sur notre devoir en situation d'apostasie nous y verrons plus clair sur notre ligne de conduite.

Le silence peut être provisoirement nécessaire et thérapeutique.

Je me censure dans ce domaine et j'ai déjà des signes positifs que c'est une ligne de conduite saine.


Je ne dis pas cordialement mais amicalement.



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