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 L'impact du hasard sur le fait évolutif
Auteur: Michel THIERS 
Date:   27-07-2018 22:54

Après le prix Nobel de Médecine de 1965 attribué aux 3 « Pastoriens », Jacques Monod a écrit et publié un essai resté célèbre : Le Hasard et la Nécessité dont le retentissement a surpris l’auteur lui-même.
Cet ouvrage met en évidence le rôle déterminant du hasard dans l’évolution des êtres vivants, le caractère implacable des lois naturelles et la solitude de la biosphère terrestre dans un univers mystérieux et hostile. Les dernières pages préconisent un pouvoir politique basé sur la connaissance, une sorte de république des savants aux contours assez flous et aux finalités indiscernables.
Les réactions d’anxiété, parfois dépressive, de nombreux lecteurs, dont j’avoue avoir fait partie, ne sont pas sans rappeler celles des citoyens Romains à l’éclosion du stoïcisme, lui-même engendré par le concept de l’univers impitoyable des pythagoriciens.
Mais quel est réellement le rôle du hasard dans le déclenchement d’une mutation dite aléatoire ?
Cette mutation est en fait une modification moléculaire d’un ou plusieurs codons dont le résultat sera l’apparition d’un gène nouveau ou modifié et du caractère phénotypique qui lui est attaché. On connaît l’effet mutagène pathologique des radiations ionisantes et de certaines substances chimiques telles que la Thalidomide et bien d’autres. Ces mutations ne sont donc pas le fait du hasard. Il en va de même pour les mutations non pathologiques dont les causes premières nous échappent mais qui relèvent sans aucun doute du même processus. Par contre, la rencontre physique avec le fait mutagène comporte une part de hasard.
Imaginons une dame quittant son domicile dans l’intention de faire quelques emplettes au centre ville. A peu près au même moment, une de ses amies se rend en ville pour la même raison. Une rencontre nécessite que ces 2 dames qui n’ont pas rendez vous se trouvent dans une zone de dimensions limitées et dans un laps de temps également limité. Nous regrouperons ces deux conditions sous le terme de quantum spatio-temporel au sein duquel les trajectoires de ces dames doivent se croiser, ce qui leur permettra de s’apercevoir, et met fin au rôle du hasard. Mais leurs trajectoires respectives depuis leur domicile sont soumises à de nombreuses interruptions suspensives du hasard comme une attention attirée par une vitrine provoquant une modification non hasardeuse de la trajectoire et du temps passé en ville.
Il en va de même si on considère les trajectoires d’un proton et d’un électron circulant dans l’espace depuis le big bang. Leurs trajectoires sont en permanence soumises à des influences modificatrices tels que des champs électro magnétiques ou gravitationnels qui n’ont rien de hasardeux. In fine, ils se retrouveront peut-être dans un quantum spatio temporel hasardicide, identique à celui des dames encore que beaucoup plus restreint au sein duquel ils se réuniront en un atome d’hydrogène.
Pour les dames comme pour les particules, le hasard n’est donc déterminant que par leur coprésence dans un quantum spatio temporel défini. Le reste de leurs trajectoires est soumis à une alternance de hasard et de contraintes ne modifiant en rien leur nature ou leurs propriétés mais dont la somme conditionne la probabilité de l’ultime convergence provoquant une interaction efficiente.
Il va sans dire que la réduction darwinienne du fait évolutif à cette seule cause n’est pas entièrement satisfaisante comme le relevait Erwin Schrödinger dans son livre « L’esprit et la matière ». Le poids de la nécessité a un rôle majeur mais pas par le biais d’une élimination systématique des sujets ne possédant pas le bon gène compatible avec un changement environnemental comme le suggèrent les néo darwiniens. Il y a aussi des adaptations non génétiques individuelles ou de groupe provoquées par le changement d’environnement choisi ou imposé qui se retrouveront dans les générations à venir.
Il y a aussi comme l’expliquera Pierre Grassé dans « L’évolution du vivant » la probabilité d’un système directeur supervisant le fait évolutif qui pourrait expliquer le fait de l’absence d’évolution régressive dans tous les phyllums étudiés à ce jour.



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 Re: L'impact du hasard sur le fait évolutif
Auteur: Stagire 
Date:   11-08-2018 17:03

Cher Michel THIERS,

> Ces mutations ne sont donc pas le fait du hasard...
> Par contre, la rencontre physique avec le fait mutagène
> comporte une part de hasard...
> Il y a aussi comme l’expliquera Pierre Grassé dans «
> L’évolution du vivant » la probabilité d’un système directeur
> supervisant le fait évolutif qui pourrait expliquer le fait de
> l’absence d’évolution régressive dans tous les phyllums étudiés
> à ce jour.

Excellent ! Votre exposé reprend la thèse du «ut in pluribus».

Cordialement

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